6 au 12 avril 2020

Samedi saint.

 

Le samedi saint est, pour les chrétiens, un jour de silence, d'attente et de recueillement. Ils méditent sur les souffrances de Jésus Christ, sa mort et sa mise au tombeau. La célébration de la Résurrection commence le samedi soir lors de la veillée pascale.

 

Prière du livre des lamentations (5 1 - 21)

 

  Souviens-toi, SEIGNEUR, de ce qui nous arrive :

 regarde et vois comme on nous insulte.

 Notre patrimoine est détourné au profit de métèques,

 nos maisons au profit d'inconnus.

 

Nous voilà orphelins, sans père,

 nos mères sont comme veuves.

 Notre eau, nous la buvons à prix d'argent ;

 nos fagots rentrent contre paiement.

 Ils sont sur notre dos ; nous sommes persécutés ;

 nous sommes exténués ; pas de repos pour nous.

 

 A l'Egypte nous tendons la main, à l'Assyrie, 

pour nous rassasier de pain. 

Nos pères ont failli : ils ne sont plus ; 

c'est nous qui sommes chargés de leurs perversités.

  

Des esclaves dominent sur nous : 

personne pour nous arracher de leur main ! 

9 Nous faisons rentrer notre pain au péril de notre vie, 

à cause des brigands de la steppe.

  

Notre peau est fiévreuse comme au four 

à cause des affres de la faim. 

Ils violent des femmes dans Sion, 

des jeunes filles dans les villes de Judée.

 

Par leur main des princes sont pendus ; 

la personne des anciens n'est pas honorée. 

 Des jeunes gens portent la meule 

et des garçons sous le bois trébuchent.

 

Les anciens cessent d'aller au Conseil ; 

les jeunes gens, de chanter leur refrain. 

Elle cesse, la joie de notre coeur ; 

notre danse a dégénéré en deuil. 

Elle tombe, la couronne de notre tête. 

Oh, malheur à nous, car nous avons failli !

 

Voici pourquoi tout notre être est malade ; 

voici pourquoi nos yeux sont enténébrés : 

c'est à cause du mont Sion qui est ruiné, 

et où rôdent les renards.

 

 

Toi, SEIGNEUR, tu sièges pour toujours ; 

ton trône subsiste de génération en génération. 

Pourquoi nous oublierais-tu continuellement, 

nous abandonnerais-tu à longueur de jours ?

 

Fais-nous revenir vers toi, SEIGNEUR,et nous reviendrons ; 

renouvelle nos jours comme dans l'ancien temps. 

 

 

Lecture d livre d'Osée (5,15 ; 16,1-2)  

 

Parole du Seigneur : Je m'en irai, je retournerai chez moi, jusqu'à ce qu'ils s'avouent coupables et qu'ils recherchent ma face. Dans leur détresse, ils se mettront en quête de moi.

 

« Venez, retournons vers le SEIGNEUR. C'est lui qui a déchiré et c'est lui qui nous guérira, il a frappé et il pansera nos plaies. Au bout de deux jours, il nous aura rendu la vie, au troisième jour, il nous aura relevés et nous vivrons en sa présence.

 

 

Deux chants : 

Brillez déjà lueurs de Pâques : https://youtu.be/00WBJLvefdA

et

Amis et Frères de la Terres (Philippe Forcioli) 

 

Amis et frères de la Terre
Si vous entendez ces mots
Si vous cherchez
Le mystère
De l'amour
Marchez, marchez au grand soleil
Tout un jour
La réponse est dans un brin d'herbe

Amis et frères de la Terre
Si vous sentez le fardeau
Le poids lourd du temps qui passe
Et la mort
Encore, encore menez vos pas
La prochaine rencontre
Vous éclairera

Amis et frères de la Terre
Si vos chants sont étouffés
Oh ! C'est sûr
Sur la planète
Un enfant
Se prépare à trouer le voile
De la peur
Car il boit à toutes ces larmes

Amis et frères de la Terre
Si vous goûtez à la vie
La vivante
Cavalcade
Liberté
Dans nos cœurs
Et dans nos cervelles
Liberté

 
et aussi

 

Vendredi Saint 11 avril 2020

Vendredi saint.

 

Croire en un Dieu qui souffre, c’est rendre le mystère plus mystérieux, mais de façon plus lumineuse. C’est chasser une fausse clarté pour lui substituer « d’éclatantes ténèbres ». François Varillon.

 

Hymne : Ne descends pas dans le jardin

 

Ne descends pas dans le jardin, oh! Jésus,

ne descends pas dans le jardin avant le jour!

Si je ne descends pas dans le jardin en pleine nuit,

qui donc vous mènera vers les soleils du Paradis?

Je descendrai dans la jardin en pleine nuit.

 

Ne laisse pas lier tes mains, oh! Jésus ,

ne laisse pas lier tes mains sans dire un mot!

Si je ne laisse pas lier mes mains comme un voleur,

qui donc pourra détruire les prisons dont vous souffrez?

Je laisserai lier mes mains comme un voleur.

 

Ne t'étends pas sur cette croix, oh! Jésus,

ne t'étends pas sur cette croix jusqu'à mourir!

Si je ne m'étends pas sur cette croix comme un oiseau,

qui donc vous gardera contre l'Enfer oû vous alliez?

Je m'étendrai sur cette croix comme un oiseau.

 

Ne laisse pas percer ton cœur, oh! Jésus,

ne laisse pas percer ton cœur par tes bourreaux!

Si je ne laisse pas percer mon cœur comme un fruit mûr,

qui donc vous baignera de sang et d'eau pour vous guérir?

Je laisserai percer mon cœur comme un fruit mûr.

 

Ne descends pas dans le tombeau, oh! Jésus,

ne descends pas dans le tombeau qu'ils ont creusé!

Si je ne descends pas dans le tombeau comme un froment,

qui donc fera lever vos cercueils vos corps sans vie?

Je descendrai dans le tombeau pour y dormir.

 

Christ est allé dans le jardin. Alleluia.

Christ a laissé lier ses mains.Alleluia

Christ a voulu souffrir la croix.Alleluia

Christ a dormi dans le tombeau.Alleluia.

 

 
Dieu nous a aimés en vérité.
 
La liturgie du vendredi saint propose aux chrétiens la Passion de Jésus-Christ selon saint Jean. Tout son évangile progresse vers ce sommet. C'est pour cette heure que Jésus est venu
 

 

  Amour et vérité

 En Europe, nous sommes assez sensibles à l'apparence, au «look» extérieur. C'est une culture finalement assez épidermique. Apparemment, il faut rester jeune ou paraître jeune. Mais c'est une sorte de mécanisme qui cultive le mensonge. Parce que ce n'est pas la vérité vraie de nos vies. Jésus, vrai chemin qui nous conduit à la vie, a vraiment pris sur lui toutes nos finitudes. Un jour, tous nous mourrons. Et nous mourrons seul. Il est descendu en ce très bas. Il est vraiment entré dans le silence de la mort. Au creux de nos ombres et de nos solitudes. Il n'a pas fait semblant. Il nous a rejoints au creux de nos «pourquoi ?». Parce qu'il y a bien un moment où l'on ne peut plus rien dire. Où l'on ne comprend pas. Où l'on est confronté, non pas au problème du mal, parce que si c'était un problème on pourrait le résoudre, mais au mystère du mal, et l'on ne peut que crier : Mon Dieu, pourquoi ?. Le samedi saint, nous entrons dans ce grand silence. Silence du Christ mort. Silence devant tous les innocents qui meurent. Silence de Marie, de Madeleine et de saint Jean. Incompréhension totale. Aucun consolateur possible. Qui n'a pas vécu ces silences-là ?

 

Ce qui peut provoquer notre adhésion en regardant la croix de Jésus, c'est que nous reconnaissons que le chemin qu'il a pris est celui d'un amour vrai parce que fidèle. Il nous a aimés jusqu'au bout. On ne peut vivre sans amour. Sans amour, on n'est rien du tout. Toutes les chansons, tous les livres, tous les films n'expriment que cela. L'amour est plus que la vie ou la mort, puisque l'on donne sa vie par amour. C'est pour cette raison que, si l'on est vrai, si l'on appartient à la vérité, l'on reconnaît tout de suite celui qui est l'amour : «Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix». C'est si bien exprimé dans l'allégorie du bon pasteur : «Quand il conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix». (Jn 10,4). Nous reconnaissons cette voix silencieuse de l'amour et nous sommes prêts à suivre ce pasteur crucifié. C'est un beau résumé de toute la mission du Christ : Il marche à leur tête, «premier-né d'une multitude de frères». Le vrai berger l'a exprimé d'une autre façon : «Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes» (Jn 12,32). Seul l'amour est digne de foi.

 

In :  https://croire.la-croix.com/Definitions/Fetes-religieuses/Vendredi-saint/Vendredi-Saint-Dieu-nous-a-aimes-en-verite

 

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Croire en un Dieu qui souffre, c’est rendre le mystère plus mystérieux, mais de façon plus lumineuse. C’est chasser une fausse clarté pour lui substituer « d’éclatantes ténèbres ». François Varillon.

 

Le printemps est là. C’est un fait indiscutable. Nous l’avons vu de loin, de nos fenêtres, de nos balcons, de plus près dans nos jardins, si nous faisons partie des privilégiés qui en ont un, mais il est là et nous le savons. Au cœur des plus grandes métropoles, tout autant que dans les villages et les campagnes, il s’est installé. Tranquillement, il a joué sa partition habituelle : les préludes jaunes pour Forsythia, narcisses, jonquilles, et quelques autres solistes…puis les primevères et leurs consœurs ont sorti leurs nappes de violon. Une mesure après l’autre, chaque instrument a pris sa place ; les tambours des nuances de vert ont rejoint les couleurs. En quelques petites semaines de confinement, l’orchestre était au complet, jouant avec allégresse, pour ne pas dire allegro, la symphonie complète.

 

Rien de nouveau, me direz-vous; depuis que le monde est monde, les printemps se succèdent, rien de nouveau sous le soleil… C’est vrai, mais cette année, nous sommes choqués par un décalage, un manque d’empathie, une absence de sensibilité pour ne pas dire une grossière indifférence. Nous ressentons la même offense que celle que nous fait subir le soleil lorsqu’il rayonne dans un ciel pur un jour d’enterrement. Le printemps est là, et son indifférence à nos états d’âme, à nos réflexions, à nos malheurs ou à nos espoirs est totale !

Pour quantités de motifs, mais essentiellement grâce au Christ venu nous révéler le Père. Oh, je ne pense pas qu’il soit surpris, pris au dépourvu, mais depuis le premier jour de notre indépendance, depuis ce fatidique instant où nous avons utilisé la liberté qu’il nous offrait pour bâtir notre vie et ce monde sans lui, il souffre. Mystérieusement, au-delà de toute explication rationnelle — pourquoi un Dieu qui peut tout souffrirait-il  ? — la réalité est là, il souffre. Il souffre pour nous — tous les parents du monde comprennent cette notion — mais il souffre aussi avec nous . Nous allons nous souvenir, ce mois-ci, de ce que nous nommons « La Passion du Christ ». Comment ce Dieu, qui « était en Christ pour nous réconcilier avec lui-même » 1 , pourrait-il ne pas partager, avec une empathie vécue de l’intérieur, toute l’étendue de nos souffrances, de nos peines ? La différence entre ces deux conceptions de Dieu est lourde de conséquences.

Pour vous, comme pour moi, rien de l’univers n’est semblable si quelque part, on ne sait où, un Dieu que nous connaissons si mal, souffre ou pas avec nous… Regardez le ciel. Demandez-vous, et vous verrez comme tout change…

Que cette saison de Pâques combinée au cadeau d’immobilité qui nous est proposé, puisse être l’occasion de parcourir de long en large cette pensée : combien est immense un amour qui offre une liberté si totale qu’elle donne à de fragiles et minuscules créatures la possibilité de faire souffrir un Dieu tout puissant…

Que cet amour emplisse nos vies, aujourd’hui et pour toujours.

 

Philip Ribe

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1 2 Corinthiens 5.19

https://www.bible-ouverte.ch/meditations/pensee-du-mois/pensee-du-mois-2020/2765-l-indifference-du-printemps-avril-2020.html

 

 

Jeudi Saint 9 avril 2020

  Jeudi saint.  

 

Le soir du jeudi saint marque le début du triduum pascal qui dure jusqu'au dimanche de Pâques. Ces 3 jours représentent une unité liturgique. Un seul mystère pascal, mais plusieurs célébrations liturgiques.  

 

Évangile (Jn 13, 1-15)

 

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » – Acclamons la Parole de Dieu.  

 

Quelle est l'origine de ce rite ? Et pour aujourd'hui…  


 

Il s’agit du geste posé par Jésus lors du dernier repas qu’il prend avec ses disciples à Jérusalem, « avant la fête de la Pâque », « sachant que son heure était venue » (Jean 13, 1). Loin d’une ablution rituelle (réalisée avant le repas et par la personne elle-même), Jésus accomplit ici pour ses disciples un rite propre à l’hospitalité orientale. La Bible en offre d’ailleurs plusieurs exemples : ainsi lorsque Abraham demande qu’on apporte de l’eau pour que ses trois visiteurs, après leur longue route, puissent se laver les pieds (Genèse 18,4).

 

Cette tâche, exécutée par un esclave ou un serviteur, impliquait une relation d’infériorité. Elle constitue le prologue de la Passion du Christ dans l’Évangile de Jean, où Jésus, messie humilié, serviteur annoncé par le prophète Isaïe (chap. 53), accomplit pleinement sa mission.

 

Elle se trouve uniquement dans cet Évangile, à un moment où les synoptiques (Luc, Matthieu et Marc), eux, relatent l’institution de l’eucharistie, si bien que ces deux épisodes sont intimement liés. Ce geste a marqué l’Église au point qu’elle ne se contente pas de le rappeler par la lecture mais en perpétue la pratique au cours de la « Messe du soir en mémoire de la Cène du Seigneur », ainsi que l’indique le Missel Romain.

 

 

 

/ Et pour aujourd’hui ?

 

Ce geste invite à réfléchir à la manière d’imiter le Christ dans sa propre vie. Toutefois, relève le théologien américain William Spohn (1944-2005), imiter ne signifie pas « cloner » les paroles et les faits de Jésus (2). Celui-ci dit « va et fais de même », et non « va et fais pareil ». Les chrétiens doivent faire preuve de créativité, d’« imagination analogique » pour appliquer la vie de Jésus à leur propre contexte. Ainsi de ce prêtre irlando-américain qui, le Jeudi saint à Baltimore, peut cirer les chaussures de douze Afro-Américains âgés. Ou de l’archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin, et de celui de Boston, le cardinal Sean O’Malley, lavant en 2011 les pieds des victimes de la pédophilie en Irlande, geste qui fut perçu comme l’un des actes de contrition les plus explicites de la part de l’Église sur ce sujet. Ou encore les maisons de l’Arche qui en ont fait un pilier de leur vie communautaire. Le pape François, le premier, en montre l’exemple, qui chaque Jeudi saint, depuis des années, choisit des personnes « aux périphéries » et leur lave les pieds : prisonniers, malades du sida, enfants handicapés, et cette année, le 24 mars, des réfugiés… Afin d’encourager l’Église dans cette voie, il a récemment modifié le rituel de sorte que les femmes aussi pourront être choisies, et ce, afin d’« exprimer pleinement le sens des gestes accomplis par Jésus au Cénacle, sa manière de se donner ”jusqu’à la fin” (Jean 13,1) pour le salut du monde, sa charité infinie ».

in La Croix 24/03/2016.

Un chant : 

Il n'est pas de plus grand amour

https://youtu.be/jmlJWNsxIvU

ou

https://youtu.be/4SXSVkIOK88  

suite du Jeudi saint ci-dessous...

 

Le lavement des pieds Jean 13,1-17

 

C ette fois encore, Pierre n’a rien compris. Car Pierre, lui, a le sens de la hiérarchie. Et il le sait bien : un maître ne lave pas les pieds de ses disciples. Ce geste est un geste d’esclave, ou d’amant. Pourtant, Jésus est là. Il s’est dévêtu, il a mis un torchon comme tablier. Le voilà à genoux. Devant Pierre. L’acte est colossal : la parole de Dieu en tablier, le verbe à genoux, esclave, amant. Pierre ne pouvait pas comprendre, ne pouvait pas accepter un tel geste. Car ce geste s’en vient à jamais bouleverser notre idée de Dieu. Ce geste est colossal, plus fort encore peut-être que l’institution de la Cène. Un geste tellement énorme que nous n’avons, comme Pierre, pas pu le supporter. Ce qui est le troisième sacrement a disparu à tout jamais de nos disciplines. Le Logos à genoux. Un maître à genoux. Un geste qui dit un homme pour le service. Un geste qui s’en vient à jamais briser la loi de la violence dans nos humaines relations, un geste qui s’en vient briser à jamais nos idées de hiérarchie et de dignité. Voilà la suprême dignité : être suffisamment détaché du souci de soi, de son ego, pour pouvoir prendre le risque de l’agenouillement.

 

Mais peut-être aussi est-ce la seule réponse possible à la trahison ? Il faut le souligner : ce geste incroyable du Maître est encadré par les annonces de la trahison de Judas. Et la trahison est peut-être l’expérience la plus absolue de notre condition humaine. La trahison nous constitue. Elle est notre expérience la plus fondamentale, à la hauteur de notre confiance brisée, de nos affections bafouées. Qui d’entre nous peut dire en vérité, n’avoir jamais ressenti la morsure de la trahison et l’immense désespoir qui en résulte ? Être trahi, avoir trahi, voilà notre blessure la plus secrète. Monte alors en nous la question : comment survivre encore, avec au cœur cette déchirure ? Et là, au cœur de cette brûlure qui, en vérité, nous constitue, Jésus s’agenouille. Le Maître se tient à genoux devant toi, comme pour mieux te relever, comme pour inventer une nouvelle grammaire à nos émotions, à nos sentiments, à nos relations.

 

Jésus et Marie de Béthanie, un même geste

On  a bien vu, dans ce geste, celui du service et de l’humilité, mais on a moins souligné le geste de l’amant. Pourtant, l’évangile de Jean lui-même fait le parallèle : au chapitre qui précède, juste avant l’entrée à Jérusalem, Marie de Béthanie s’est, elle aussi, agenouillée. Elle a lavé les pieds du Maître, elle les a baignés de parfum, et les a essuyés de ses cheveux. Geste de l’épouse, de l’aimante, geste quasi érotique qui nous choque, comme il a choqué Judas, dont la réaction et l’incompréhension viennent faire le pendant de celle de Pierre. Le même verbe grec est employé dans les deux cas pour laver, et ainsi la dernière entrée à Jérusalem se trouve encadrée de ces deux récits de lavement des pieds. Étonnant, non ? Et voila que le Maître lui-même le proclame : « Faites, vous aussi, ceci ».
 

Ne cherchez plus à dominer. Ne cherchez plus à vous imposer par la force. L’homme est un être pour : pour la tendresse, pour la relation, pour le service, pour la rencontre, la tendresse aimante : Marie de Béthanie. Bouleversement de notre grammaire relationnelle : la Parole à genoux devant toi. Voilà bien une grande béatitude : « Heureux, si vous faites cela ». Voilà la 11e béatitude, celle de l’évangile de Jean, qui résume et accomplit toutes les autres. Ce geste nous révèle un Dieu au-delà de Dieu lui-même, un Dieu au-delà de la puissance qui se révèle dans la tendresse, un Dieu qui se met au service de l’homme, folie, scandale, et pourtant… Déjà, l’homme ceint seulement d’un torchon annonce l’homme nu de la croix.

 

Oui, déjà, tout s’accomplit. Rien ne sera plus jamais comme avant ! L’agenouillement du Fils fait s’ouvrir en nous une porte jusque là verrouillée, celle du pardon possible, celle à laquelle Christ se tient et frappe. Regarde : le Maître à genoux, pour te relever. 

Jean-François Breyne, pasteur.

A lire aussi : 

 

 

 

http://aubonheurdedieu-soeurmichele.over-blog.com/  

 

Mercredi Saint 8 avril 2020

Mercredi saint

 

(Is 50, 4-9a)

 

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.

 

Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble ! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi ! Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ? – Parole du Seigneur. 

 

La Speranza.  

La Speranza en Italie ces jours-ci, c’est le ciel d’un bleu dépollué et provocant, c’est le soleil qui brille obstinément sur les rues désertes, et qui s’introduit en riant dans ces maisonnées qui apprennent à redevenir familles.

La Speranza ce sont ces post-it anonymes par centaines qui ont commencé à couvrir les devantures fermées des magasins, pour encourager tous ces petits commerçants au futur sombre, à Bergame d’abord, puis, comme une onde d’espérance – virale elle aussi – en Lombardie, avant de gagner toute l’Italie :

 « Tutto andrà bene <3 » (et comment ne pas penser à ces paroles de Jésus à Julienne de Norwich « …ma tutto sarà bene e tutto finirà bene »* ?),

La Speranza c’est la vie qui est plus forte et le printemps qui oublie de porter le deuil et la peur, et avance inexorablement, faisant verdir les arbres et chanter les oiseaux.

La Speranza ce sont tous ces professeurs exemplaires qui doivent en quelques jours s’improviser créateurs et réinventer l’école, et se plient en huit pour affronter avec courage leurs cours à préparer, les leçons online et les corrections à distance, tout en préparant le déjeuner, avec deux ou trois enfants dans les pattes.

La Speranza, tous ces jeunes, qui après les premiers jours d’inconscience et d’insouciance, d’euphorie pour des « vacances » inespérées, retrouvent le sens de la responsabilité, et dont on découvre qu’ils savent être graves et civiques quand il le faut, sans jamais perdre créativité et sens de l’humour : et voilà que chaque soir à 18h, il y aura un flashmob pour tous… un flashmob particulier. Chacun chez soi, depuis sa fenêtre… et la ville entendra résonner l’hymne italien, depuis tous les foyers, puis les autres soirs une chanson populaire, chantée à l’unisson. Parce que les moments graves unissent.

La Speranza, tous ces parents qui redoublent d’ingéniosité et de créativité pour inventer de nouveaux jeux à faire en famille, et ces initiatives de réserver des moments « mobile-free » pour tous, pour que les écrans ne volent pas aux foyers tout ce Kairos qui leur est offert.

La Speranza – après un premier temps d’explosion des instincts les plus primaires de survie (courses frénétiques au supermarché, ruée sur les masques et désinfectants, exode dans la nuit vers le sud…) – ce sont aussi les étudiants qui, au milieu de tout ça, ont gardé calme, responsabilité et civisme… qui ont eu le courage de rester à Milan, loin de leurs familles, pour protéger leurs régions plus vulnérables, la Calabre, la Sicile… mais surtout qui résistent encore à cet autre instinct primaire de condamner et de montrer du doigt pleins de rage ou d’envie, ceux qui n’ont pas eu la force de se voir un mois isolés, loin de leur famille, et qui ont fui.

La Speranza c’est ce policier qui, lors des contrôles des « auto-certificats » et tombant sur celui d’une infirmière qui enchaîne les tours et retourne au front, s’incline devant elle, ému :

« Massimo rispetto ».

Et la Speranza bien sûr, elle est toute concentrée dans cette « camicia verde » des médecins et le dévouement de tout le personnel sanitaire, qui s’épuisent dans les hôpitaux débordés, et continuent le combat. Et tous de les considérer ces jours-ci comme les véritables « anges de la Patrie ».

Mais la Speranza c’est aussi une vie qui commence au milieu de la tourmente, ma petite sœur qui, en plein naufrage de la Bourse, met au monde un petit Noé à deux pays d’ici, tandis que tout le monde se replie dans son Arche, pour la « survie », non pas des espèces cette fois-ci, mais des plus vulnérables.

Et voilà la Speranza, par-dessus tout : ce sont ces pays riches et productifs, d’une Europe que l’on croyait si facilement disposée à se débarrasser de ses vieux, que l’on pensait cynique face à l’euthanasie des plus « précaires de la santé »… les voilà ces pays qui tout d’un coup défendent la vie, les plus fragiles, les moins productifs, les « encombrants » et lourds pour le système-roi, avec le fameux problème des retraites…

Et voilà notre économie à genoux. À genoux au chevet des plus vieux et des plus vulnérables.

Tout un pays qui s’arrête, pour eux…

Et en ce Carême particulier, un plan de route nouveau : traverser le désert, prier et redécouvrir la faim eucharistique. Vivre ce que vivent des milliers de chrétiens de par le monde. Retrouver l’émerveillement. Sortir de nos routines…

Et dans ce brouillard total, naviguer à vue, réapprendre la confiance, la vraie. S’abandonner à la Providence.

Et apprendre à s’arrêter aussi. Car il fallait un minuscule virus, invisible, dérisoire, et qui nous rit au nez, pour freiner notre course folle.

Et au bout, l’espérance de Pâques, la victoire de la vie à la fin de ce long carême, qui sera aussi explosion d’étreintes retrouvées, de gestes d’affection et d’une communion longtemps espérée, après un long jeûne.

Et l’on pourra dire avec saint François « Loué sois-Tu, ô Seigneur, pour fratello Coronavirus, qui nous a réappris l’humilité, la valeur de la vie et la communion ! ».

Courage, n’ayez pas peur : Moi, j’ai vaincu le monde ! (Jn 16, 33).

Sœur Olivia.

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Une chanson : "Le jour se lève" Grand corps malade.

 

https://www.youtube.com/watch?v=U6o5aZ4hdhk

 

 

 

Mardi Saint 7 avril 2020

Mardi saint : Chemins de Pâques

Quand je ne vois de ma vie que l’éternel retour sur moi-même,

Donne-moi  Eternel, d’espérer à la hauteur de ton amour qui invente.

Quand je cède à la boue des pensées qui accusent,

Donne-moi d’espérer à la hauteur de ton amour qui pardonne.

Quand je désespère sous les questions sans réponses,

Donne-moi  d’espérer à la hauteur de ton amour qui patiente.

Quand je m’absente de l’élan à répondre au visage d’autrui,

Donne-moi d’espérer à la hauteur de ton amour qui descelle les tombeaux.

Chemins de Pâques, chemins de vie, Lève-toi et marches-y !

    (D’après Francine Carrillo*)

* Théologienne, poète et pasteure. 

 

Cantique d'Ezéchias (Isaïe 38)

 

R/ Seigneur, tu as défendu ma cause, mon Dieu, tu as sauvé ma vie.

 

10 Je disais : Au milieu de mes jours, je m'en vais ; *

 

j'ai ma place entre les morts pour la fin de mes années. 1

 

1 Je disais : Je ne verrai pas le Seigneur sur la terre des vivants,

 

* plus un visage d'homme parmi les habitants du monde !

 

R/ Seigneur, tu as défendu ma cause, mon Dieu, tu as sauvé ma vie.

 

12 Ma demeure m'est enlevée, arrachée, comme une tente de berger.

 

* Tel un tisserand, j'ai dévidé ma vie : le fil est tranché. Du jour à la nuit, tu m'achèves ;

 

13 j'ai crié jusqu'au matin.

 

* Comme un lion, il a broyé tous mes os. Du jour à la nuit, tu m'achèves.

 

R/ Seigneur, tu as défendu ma cause, mon Dieu, tu as sauvé ma vie.

 

14 Comme l'hirondelle, je crie ; e gémis comme la colombe.

 

* À regarder là-haut, mes yeux faiblissent : Seigneur, je défaille ! Sois mon soutien !

 

15 Que lui dirai-je pour qu'il me réponde, à lui qui agit ?

 

* J'irais, errant au long de mes années avec mon amertume ?

 

R/ Seigneur, tu as défendu ma cause, mon Dieu, tu as sauvé ma vie.

 

17 Oui, tu me guériras, tu me feras vivre :

 

* mon amertume amère me conduit à la paix.

 

Et toi, tu t'es attaché à mon âme, tu me tires du néant de l'abîme.

 

* Tu as jeté, loin derrière toi, tous mes péchés.

 

R/ Seigneur, tu as défendu ma cause, mon Dieu, tu as sauvé ma vie.

 

 

La bible soutien à notre courage.

« La Bible est une source inépuisable. J’y trouve toujours une force qui m’interpelle et me permet de tenir face aux difficultés et au désarroi. “Au commencement était le Verbe”, dit le prologue de l’Évangile de Jean. Cette parole, mystérieuse, va nous chercher dans nos profondeurs psychologiques et spirituelles, car Dieu nous arrive toujours dans une question : “Adam, où es tu ?” “Caïn, qu'as tu fais de ton frère ?” “Donne-moi à boire”, demande Jésus à la Samaritaine. Et nous sommes en vie quand nous sommes prêts à écouter et à répondre à cette parole suscitante et ressuscitante. C’est donc le moment actuellement d’ouvrir la Bible.

Un soutien à notre courage

Les grandes figures que l’on y croise, tel Abraham qui, sur ordre de Dieu, part, quitte son pays sans savoir où il va, montrent qu’il n’y a jamais de certitude sur nos chemins de vie. Beaucoup de psaumes expriment la détresse devant les impasses, ce qui est insoluble, même s’il est aussi rappelé, comme au psaume 17 : “Lui m'a “dégagé”, mis au “ large”, il m'a libéré, car il m'aime.”

Quant aux Béatitudes, elles n’annoncent pas un avenir magnifique. Seulement que l’on doit marcher et que le pas suivant est possible. Cela m’amène à une prière des carmélites de Mazilles (Saône-et-Loire) : "Où il ne reste rien, je voudrais te dire que je ne manque de rien", cet appel à se sentir rencontré par une présence soutient notre courage nous aimerions désespérer.

Les rabbins parlent du "point intérieur", le lieu de l'empreinte de cette originelle bonté qui nous accompagne. Presque impalpable, elle est le signe de la fragilité de ce Dieu qui n’a rien à proposer si ce n’est qu’on lui fasse une place, qui attend que nous lui donnions à boire. Il n’est pas une aide magique. Jésus dit à la Samaritaine : c’est en toi que sont les fontaines jaillissantes.

Un chemin d'espérance

Déjà dans le Premier Testament, la Bible montre des femmes tenaces pour que la vie passe malgré tout chaque fois que possible. Avec les matriarches, il y a beaucoup d’exemples. Prenons Rahab (Livre de Josué, chapitre 2), qui accueille deux espions juifs, envoyés à Jéricho se renseigner sur le pays qui allait leur être donné par Dieu. Avec une audace inouïe, cette femme dit à ses futurs envahisseurs : "Je sais que le Seigneur vous a donné le pays" et elle leur fait promettre d’épargner sa famille à leur retour. Puis elle les aide à s’enfuir. On la dit prostituée, comme souvent quand une femme se bat seule, on la rabaisse. Je la vois comme une aubergiste qui habite "sur le rempart", accepte l’entre deux, le seuil.

 Face au virus, nous voici appelés à nous ouvrir pour faire alliance avec ce qui peut advenir au-delà de ce mal.

C’est peut-être là notre rôle. Avoir le courage d’inventer des chemins. D’être ouvert à l’imprévu plutôt que de fermer sa porte. Face au virus, nous voici appelés à nous ouvrir pour faire alliance avec ce qui peut advenir au-delà de ce mal. "Ne crains pas, je t’ai appelé par ton nom", chez Esaïe (chapitre 43, verset 1). Chacun dans sa singularité est appelé à occuper sa place de vivant parmi les vivants, à accomplir son petit moment d'humanité.

La Bible nous invite à marcher dans l'incertain le cœur et les mains ouverts, avec l’humilité de ne rien savoir, si ce n’est qu’un Autre en moi sait pour moi. “Dans ce camp, il ne fallait pas laisser filer son être”, écrit Charlotte Delbo après sa déportation. Comme elle, accrochons-nous à tous les signes de solidarité qui nous remplissent d'espérance. "Ta foi t’a sauvé”, dit Jésus plusieurs fois dans ses rencontres. Ce qui nous sauve, c’est la confiance qu’il y toujours un chemin. »

Francine Carrillo à "L a Vie" 5 avril 2020. 

http://www.lavie.fr/spiritualite/bible/francine-carrillo-la-bible-soutien-a-notre-courage-03-04-2020-105214_682.php

Lundi saint 6 avril 2020

Luc 7, 36-50 Traduction liturgique (AELF)

 

36 Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. 

 

37 Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du

 

pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum.

 

38 Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de

 

Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum.

 

39 En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait

 

qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »

 

40 Jésus, prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. »

 

41 Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre

 

cinquante.

 

42 Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’aimera

 

davantage ? »

 

43 Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui

 

dit Jésus.

 

44 Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as

 

pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.

 

45 Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds.

 

46 Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.

 

47 Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup

 

d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »

 

48 Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »

 

49 Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »

 

50 Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

 

Un chant : 

 

JE VEUX CHANTER TON AMOUR SEIGNEUR

 

https://youtu.be/hSBg95HZinQ

 

 

 

Je veux chanter ton amour, Seigneur,
Chaque instant de ma vie.
Danser pour toi en chantant ma joie
Et glorifier ton nom.

1 - Ton amour pour nous, est plus fort que tout
Et tu veux nous donner la vie,
Nous embraser par ton Esprit.
Gloire à toi !

2 - Oui, tu es mon Dieu, tu es mon Seigneur,
Toi seul es mon libérateur,
Le rocher sur qui je m'appuie.
Gloire à toi !

3 - Car tu es fidèle, tu es toujours là,
Tout près de tous ceux qui te cherchent.
Tu réponds à ceux qui t'appellent.
Gloire à toi !

4 - Voici que tu viens, au milieu de nous,
Demeurer au coeur de nos vies
Pour nous mener droit vers le Père.
Gloire à toi !

5 - Avec toi, Seigneur, je n'ai peur de rien.
Tu es là sur tous mes chemins.
Tu m'apprends à vivre l'amour.
Gloire à toi !

 

Auteur : M. Dannaud,

 

Catégories : louange
Temps liturgiques : autre

 

 

 

 

Commentaire de Soeur Michèle sur Luc 7 (36-50) tiré de son blog "Au bonheur de Dieu")

 

 

Pécheresse, cette femme ? Que recouvre ce mot ? Qui était pécheur-pécheresse dans la société où Jésus vivait ? On pouvait l’être de diverses façons : tout ce qui empêchait de pratiquer les prescriptions religieuses, par exemple certains métiers par leur exercice même vous rendait pécheur, des maladies dont on pensait qu’elle résultait d’un péché commis et vous rendait impur-e, des comportements considérés comme immoraux…

 

Et cette femme dans quelle catégorie de péché est-elle ? Pourquoi la tradition chrétienne en a-t-elle fait une prostituée ? Une autre femme dans l’Evangile fait presque les mêmes gestes sans qu’on la désigne comme telle. Mais l’assimilation de femme à une prostituée, relève d’une projection misogyne.

 

En tout cas, quelque soit la nature de son péché, cette femme se sait pardonnée. Jésus lui a-t-il dit ? A-t-elle eu la certitude de ce pardon sans même avoir besoin d’une parole qui le lui signifie ? Si oui, cela veut dire que des gens comme elle ont pu se sentir pardonnés sans parole explicite à leur égard mais simplement par la miséricorde qui émanait de Jésus, par son enseignement libérateur.

 

Elle est donc bien cette débitrice qui devait 1500 deniers, qui aime beaucoup parce qu’il lui a été beaucoup pardonné.

 

Car cette parabole racontée par Jésus montre  que l’amour est fruit du pardon reçu et non l’inverse. Si elle fait ces gestes d’amour, si elle aime, c’est pour signifier la gratitude du pardon reçu : pardonné, nous sommes en capacité d’aimer. Le pardon n’est pas une récompense, il est un don gratuit.

 

L’inverse, c’est-à-dire que Dieu attendrait qu’on l’aime pour pardonner est en contradiction avec la révolution spirituelle qu’apporte Jésus. C’est pourtant, ce qui, malheureusement, nous pensons spontanément car nous préférons « mériter » plutôt que d’être sujet d’une prévenance gratuite.

 

Deux versets de ce récit semble contredire ce que je viens de dire :

 

* « ses nombreux péchés lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour » dit Jésus. Cela semble en contradiction avec la parabole qu’il a raconté. C’est à cause de l’ambiguïté du mot « parce que ». Il vaudrait mieux traduire : ses péchés sont remis, c’est pourquoi elle a beaucoup aimé.

 

* « Tes péchés sont pardonnés » Déclaration que Jésus fait à la fin du texte. Déjà pardonné puisqu’elle montre beaucoup d’amour ou seulement pardonné au moment où Jésus lui signifie ce pardon ? Toujours pour être cohérent avec la parabole, il faut tenir que déjà pardonnée avant d’arriver au repas, Jésus la gratifie d’une parole officielle devant tout le monde, qui la libère des regards accusateurs.

 

Ceci étant, quelques pistes pour méditer ce texte

 

1ère piste

 

Considérer que Simon est aussi un pécheur.

 

Mais de quoi ? Certainement pas d’une infidélité à la loi religieuse mais d’une « dette de 50 deniers » dette dont il ne semble pas avoir conscience et qui l’empêche de faire les gestes les plus simples de l’accueil qui dirait un peu d’amour. Mais lui aussi est pardonné, gracié. Pour aimer, il lui manque la révélation de sa dette. Jésus va lui révéler : son péché, c’est son regard de mépris. Le péché ici n’est pas de l’ordre d’une loi religieuse mais de l’ordre d’une qualité de relation à l’autre.

 

 

2ème piste

 

Regarder les gestes d’amour de cette femme :

 

Apporter un flacon de grande valeur,

 

Arroser les pieds de ses larmes

 

Les essuyer avec ses cheveux, Les couvrir de baisers, Les oindre de parfum.

 

Mettre ces gestes en parallèles avec Lc 10/34 ; Jn 12/3 ; Jn 13/4-5

 

 

 

3ème piste

 

Prendre conscience de la liberté de Jésus qui accepte ses gestes qui le discrédite aux yeux de Simon et de tous les invités.

 

 

4ème piste

Sentir la délicatesse de Jésus envers Simon. Il ne s’oppose pas à lui de front mais lui raconte une histoire pour que lui-même il puisse entrer dans la logique de Jésus. Il lui permet de trouver par lui-même le chemin pour sortir de son regard de mépris et s’ouvrir à un autre regard.

 

A retrouver ici: 

http://aubonheurdedieu-soeurmichele.over-blog.com/2018/07/mediter-avec-luc-7/36-50-une-femme-qui-aime-parce-que-pardonnee.html

 

 

 

 

 

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Commentaires

14.06 | 07:34

Bonjour à tous. Les commentaires de ce Blog sont limités à 160 caractères. Pour donner votre avis plus longuement, envoyez un mail à : transhumances13@gmail.com

...
13.06 | 07:16

mmo po

...
06.04 | 12:01

Merci

...
14.01 | 15:14

Oui, Marie-Thérèse, ii y en aura.
Bonne journée

...
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