Textes et Prières

Méditation de Frère Yves 1ère semaine de l'avent

 

Mercredi 1er Décembre 2021 :

 

Sagesse 11, 23-12, 2 Jean 15, 9-17

 

 

 

J’ose proposer ce matin d’autres lectures que celles que nous trouvons dans nos « Prions en Église » ou nos « Magnificat ».

 

C’est parce qu’aujourd’hui nous fêtons notre grand-père à nous, petits frères et petites sœurs : je veux nommer Charles de Foucauld qui sera solennellement proclamé saint le 15 mai 2022 !

 

Charles n’a jamais voulu prendre la première place, parce que Jésus avait toujours choisi la dernière. Il n’a qu’un désir : être comme Jésus, si simple, si abordable que tout homme, toute femme, trouve en lui un frère.

 

Le livre de la Sagesse nous plonge au cœur de Dieu, ce cœur brulant d’amour comme nous le chantons : « Maitre qui aimes la vie, toi dont le souffle impérissable aime tous les êtres, tu reprends progressivement les coupables et tu les avertis, leur rappelant en quoi ils pêchent, afin qu’ils renoncent au mal et qu’ils croient en toi Seigneur ».

 

Et l’évangile nous donne 9 fois le terme aimer, amour... 

 

 

Mardi 30 Novembre 2021 :

Romains 10, 9-18 Matthieu 4, 18-22

Comment l’invoquer, si on n’a pas mis sa foi en lui ?

Comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ?

Comment entendre si personne ne proclame ?

Comment proclamer sans être envoyé ?

St Paul nous met devant la logique sans détour de la foi : je ne peux demander à quiconque de prier s’il n’a pas entendu le Seigneur lui parler. Pour cela il faut des témoins de sa parole et pour être témoins il faut être appelé et envoyé.

Dans la communauté chrétienne, nous n’agissons jamais seul, mais nous sommes envoyés par celle-ci. Lorsqu’on ordonne quelqu’un au ministère presbytéral, l’évêque demande à un représentant de la communauté si c’est bien cela que veut la communauté.

C’est ainsi que Jésus a opéré avec les premiers apôtres qu’il a appelés à être avec lui, avant de les envoyer « en avant de sa face ».

Alors Bonne fête à tous les André, Dédé 

 

 

 

 

Lundi 29 Novembre 2021 :

 

Isaie 2, 1-5 Matthieu 8, 5-11

 

Le voici le temps favorable où Dieu lui-même réalise l’espérance la plus secrète du cœur humain.

 

Le voici venu le temps où Capharnaüm réalise enfin le sens de son nom : « village de la consolation ».

 

Comment cela est-il possible dans ce « Capharnaüm », qui mélange tout, où les Romains ont mis eux aussi leur empreinte, village d’Israël avec une garnison romaine.

 

Il y a le cœur d’un homme. Non pas préoccupé de religion avant tout, mais préoccupé pour son serviteur qui est malade et Jésus se lève pour aller le guérir. Il reçoit alors le plus beau témoignage de foi qu’il n’ait jamais entendu en Israël et cela vient d’un païen !

 

Le trésor de l?Église est fait pour sortir « aux périphéries », comme dit le pape François 

 

 

Dimanche 28 NOVEMBRE 2021 :

1er Dimanche de l’Avent de l’année C

Jérémie 33, 14-16 1Thessaloniciens 3, 12 - 4, 2 Luc 21, 25-38

C’est encore ce chapitre 21 de St Luc qui introduit ce premier dimanche de l’Avent.

Tout avait commencé avec le regard posé par Jésus sur la veuve, un regard de grande tendresse et peut-être de colère devant l’injustice faite aux petits par les puissants et les riches. D’une certaine manière, et nous l’avons déjà souligné ces jours derniers, la fin de ce chapitre nous offre à nouveau un regard de tendresse avec la comparaison du figuier et des autres arbres. Le figuier et la vigne sont souvent cités ensemble à travers la Bible : ils rappellent le peuple de Dieu, la vigne du seigneur et la tendresse de Dieu pour son peuple dans l’image du figuier prometteur de douceur par son fruit. La mention des autres arbres nous rappelle aussi la générosité du Créateur qui a mis tous les fruits des arbres à notre disposition, moins 1. Le figuier est aussi l’arbre à l’ombre duquel on s’assied pour gouter la parole de Dieu, celle dont Jésus dit qu’elle ne passera pas.

Pas dormir : prier !

31 ème dimanche ordinaire

Ce dialogue entre Jésus et un scribe fait se poser quelques questions : comment peut-on associer l’amour à un commandement ? Peut-on aimer sur ordre ? Peut-on aimer par obéissance à un ordre ?

Et si ce commandement vient de Dieu, peut-on concevoir un Dieu qui commande ? Dieu est-il un commandant ?

Suite à lire ici : 

Ressourcement 2

 

Petite prière universelle pour ce 31 octobre

Prions pour l’Église en chemin vers le synode. Que ton Esprit l’éclaire et travaille nos cœurs. Que nous recherchions le bien commun sans partialité.

 

Prions pour nos frères protestants, en ce jour de la fête de la Réforme. Que les liens qui se sont construits au fil du temps se consolident et s’amplifient.

 

Prions pour nous : qu’à l’écoute de ta Parole, nous puisions la force d’aimer ceux que tu as mis sur notre chemin.

Mystère de la croix

C’est face au mystère de la croix que je désire que nous restions… c’est en tous cas celui que l’Église nous propose ces 14 et 15 septembre…

Lorsque nous disons « Mystère », nous disciples du Christ, nous voulons dire par là qu’il faut faire silence, parce que ce qui nous est donné de voir et d’entendre dépasse notre entendement, et qu’aucun mot ne saurait vraiment en rendre compte… donc, rien à voir avec le mystérieux qui se cacherait, mais plutôt qui se donne à nous dans toute son immensité et sa profondeur…. et qui nous fait tenir debout aux pieds des misères de ce monde, non pas seuls, mais en compagnie de celle qui nous a été donnée comme mère et qu'à la suite du disciple que Jésus aimait, nous voulons prendre chez nous de tout notre cœur…

Vous l’avez compris, j’ai moi aussi besoin de replonger en silence devant le crucifié…

Nous restons unis dans la contemplation quotidienne de ce Dieu que nous révèlent les Écritures.

A bientôt Yves 

"Mystère du cœur de l'homme : le plus comblé réclame toujours davantage, nos financiers perdent le sommeil, le plus démuni s'accommode de son gîte, nos savetiers et nos chiffonniers chantent..."


Sœur Emmanuelle

J'ai choisi de croire en Dieu

Je n’ai pas de preuves scientifiques que Dieu existe,
pas plus que de ce qu’il peut y avoir après la mort.
Je vogue déjà sur la lagune des 80 ans, les doutes criblent ma foi.
Les questions m’envahissent face aux cruautés structurelles des puissants,
la souffrance des innocents,
la misère de tant de gens,
les catastrophes naturelles…
Où est Dieu ? Pourquoi n’intervient-il pas?
Pourquoi certains brigands vivent-ils aussi bien alors que tant de braves gens vivent si mal?
Pourquoi Dieu reste-t-il les bras croisés
à la vue du méchant qui avale l’innocent?
Le silence de Dieu est insupportable face à tant de souffrance absurde.
Pourquoi n’as-tu pas épargné à ton propre Fils une mort aussi ignoble?
Terrible silence!
Si tu existes, tu es un Dieu caché… Ou serait-ce que tu es cruel? Ou impuissant?

Je n’ai pas non plus de preuves de ce que signifie la mort.
Personnellement j’ai déjà vu à plusieurs reprises ses plumes.
Nombre de compagnons de route ne sont déjà plus… Ils s’en sont allés pour toujours.
Face à tant de morts accompagnées et tant de cadavres veillés
les questions me glacent…
Où sont-ils? Peuvent-ils m’entendre? Puis-je les remercier ou leur demander de l’aide?
Tout s’achève-t-il en asticots et en putréfaction?
Et s’il n’y a rien?
Silence tombal!

Face à de nombreuses avancées de la Science la foi classique me file
comme le sable entre les doigts…
La planète Terre n’est pas le centre de la Création,
mais un simple point bleu d’un petit soleil d’une galaxie marginale…
Il se trouve que l’évolution de la vie et des êtres humains
est en marche depuis des millions d’années…
Les maladies ont des causes et des remèdes naturels…
La génétique réalise des “miracles”, dont on ne pouvait même pas rêver auparavant…
La pauvreté est un problème socio-politique…
Il se s’agit pas de possessions diaboliques, ni de châtiments divins…
Je connais des gens honorables et heureux qui ne tiennent aucun compte de Dieu.
Où sont reléguées tant de croyances et de prières visant à obtenir le bonheur
et chasser les maladies et les malheurs?
Nombre de pratiques religieuses sont un échec!
Dieu nous échappe. Il n’est pas représentable ni contrôlable.
Il n’est pas tout-puissant.
Il n’a même pas de nom… Mille noms mais aucun qui vaille.

Cependant, hébété en pleine tempête, une autre réalité s’impose à moi:
Je dois reconnaître que la foi en Dieu m’a aidé réellement
à cultiver des idéaux
à me ranger véritablement parmi les pauvres,
à surmonter de grandes difficultés,
à aider maintes gens à recouvrer leur dignité…
J’ai senti, parfois, leurs démarches silencieuses…
C’est pourquoi, j’ai choisi sagement et librement, de manière nouvelle, de croire en Dieu.
Dépassant les questionnements, je fais le saut dans le vide.
Ma vie, si engagée et si merveilleuse, est une réalité palpitante,
qui ne peut s’entendre autrement que appuyée consciemment sur Dieu.
Je ne peux nier une présence divine dans ma vie.
Ni dans la vie de beaucoup d’autres personnes que j’ai accompagnées en profondeur.
Je contemple Dieu chez des couples fortement épris et chez des mères d’une solidarité héroïque.
J’ai reconnu la présence de Dieu dans des luttes héroïques d’organisations populaires…
Je reconnais que nous ne sommes pas capables de comprendre Dieu tel qu’il est.
Il est toujours supérieur à ce que nous pouvons penser ou imaginer.
Je ne le vois pas, il m’est impossible de le toucher,
mais j’ai expérimenté personnellement ses énergies,
si douces et si puissantes…
Enfermé dans une cellule sans horizons la main de Dieu a caressé mon coeur.
J’ai senti son étreinte quand on m’a calomnié et persécuté à mort…
Avec sa double traction j’ai traversé des marais terrifiants…
Son énergie a éclairé mes virages sombres et déplacé mes lourdes machineries…
Si bien que, à mes 81 ans, je peux partager joyeusement la vie d’un quartier marginal…
C’est pourquoi je choisis de croire en Dieu, mais un Dieu différent…

A partir de mon expérience vitale de Dieu,
je peux l’admirer avec extase dans les merveilles de la nature.
Je crois que les énergies de l’Univers, pesanteur et développement, sont de Dieu,
aussi bien dans le micro que dans le macrocosme.
Je reconnais que les merveilles de l’évolution de la vie à travers des millions d’années
sont le reflet de la patiente sagesse divine.
J’accepte avec enthousiasme la lente et longue évolution des hominidés,
dans un processus mirifique d’humanisation ascendante.
Je pense que l’homo sapiens n’est pas le terme de l’évolution.
Dans un lent et long mouvement évolutif se développeront de nouveaux humains,
avec des capacités supérieures d’intelligence et d’amour.
Je crois qu’existe dans l’Univers une diversité prolifique d’êtres conscients,
en constante évolution vers le haut.
Mais j’accepte que dans cette petite planète nous ne soyons pas capables aujourd’hui
de les détecter ni de nous relier avec eux.

Je m’engage en faveur de l’accès à la dignité de tous les humains de cette planète.
Les religions ne m’importent pas trop.
L’important est qu’elles nous aident à être plus humains.
Je crois que quelque espèce de présence de Dieu intervient dans toutes les religions.
Il n’est qu’un seul Dieu.
Mais il s’insinue dans des formes diverses, selon chaque culture.
Dieu n’a besoin ni de nos prières ni de nos offrandes.
Il demeure toujours dans une attitude respectueuse et silencieuse,
disposé à affermir avec douceur nos engagements,
pour autant que nous souhaitions vraiment nous laisser aider sur le chemin de l’amour.
Dieu a remis entre nos mains la marche de l’histoire.
Et il n’a pas l’intention de nous suppléer dans nos responsabilités…
La foi en lui implique des engagements effectifs, personnels et sociaux,
afin de bâtir un monde digne et juste pour tous.

J’ai choisi de croire en Jésus, l’homme chez qui Dieu s’est manifesté en plénitude.
Il nous révèle que la toute-puissance de Dieu, c’est l’amour.
Et il nous encourage à aimer sans conditions.
Selon Jésus, on ne peut accéder à Dieu qu’à travers l’amour.
Et il nous promet, avec son aide, le triomphe définitif de l’amour…

Le Dieu de Jésus ne détient pas de pouvoir. Seul il est miséricorde.
L’être humain le fait souffrir.
Mais il est impuissant face à la liberté qu’il nous a donnée.
Il est tellement impuissant qu’il a besoin de notre concours.
Dans le visage de tout souffrant je vois le visage de Jésus qui m’interpelle.
Je le rends présent dans ma vie en vivant la miséricorde…
La seule chose qui puisse aider Dieu c’est d’aimer,
tout particulièrement les exclus, à force de fraternité.

La personne du Jésus des Evangiles m’enflamme.
Christologies et Christophanies. Et aussi romans, peintures, films…
Mais je réfute avec indignation les démarches fanatiques, dépassées ou élitistes.
Je crois au triomphe évolutif de Christ.
Il est le sommet, le point Omega, vers lequel tend la marche de l’Univers.
Je crois en sa présence interculturelle, interreligieuse et intergalactique…
J’espère que d’une certaine manière l’amour que j’ai déployé dans cette vie
se répande sans frontières,
au-delà de l’espace et du temps…
Je l’accepte, dans l’ombre, sans m’enquérir du comment.
Les yeux fixés sur Jésus, le Jésus incarné, je fais antichambre sereinement…

(en l’an 2016)

José Luis Caravias, jésuite andalou (1935).

Il a consacré toute sa vie à lutter sous différentes formes avec et pour la paysannerie du Paraguay, et il est décédé le 25-03-2021, à l’âge de 86 ans.

A lire : 

: https://www.religiondigital.org/amistad_europea_universitaria/JL-Caravias-SJ-Bergoglio-conmigo_7_1456424359.html

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Commentaires

23.04 | 14:58

Je vois que les conditions de travail se dégradent partout. Et le tourisme, les artistes, etc... La pandémie a fermé la bouche aux gilets jaunes... qui avai

...
16.04 | 16:27

Merci, Mireille : quel plaisir de recueillir une réaction à la lecture du site.

...
13.04 | 19:35

Magnifique méditation avec Marie, Art Symbole Musique.
C'est une mine!

...
27.02 | 10:56

Merci de votre remarque sur notre manque de vigilance : nous allons faire le nécessaire à l'avenir.

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