Ceux qui ont tracé la route...

Louis Rouve

Louis Rouve est décédé lundi matin 14 décembre.

Message de Jean-Yves  : 

Cette nouvelle nous laisse dans la stupéfaction. Je pense que les uns et les autres nous l’avons eu au téléphone ces derniers jours. Toujours avide de prendre des nouvelles et d’être en contact avec tous. Nos vies l’ont toujours intéressé, et il s’est toujours préoccupé de donner des nouvelles des uns et des autres. Maintenant il va continuer à s’intéresser à nos vies et à donner de nos nouvelles depuis là haut.

Nous sommes dans ce moment de l’Avent.

L’espérance de la venue du prince de la Paix peut nous aider à relire la vie de Louis et à la continuer.

  Merci à vous pour ces moments douloureux où il sera bon de nous appuyer les uns sur les autres… et sur le tout autre.

Avec l’amitié

 

Parcours de Louis.

Louis est né le 10 Mai 1932 à Belmont dans un famille de paysan du Larzac, une famille de 9 enfants.

En 1953, il fait son service militaire, en 1955 il est rappelé, il fera plus d’un an en Algérie.

Il est ordonné prêtre le 17 Mars 1956 pour le diocèse de Rodez.

En septembre 1961, il monte à Paris comme aumônier national de la J.A.C.

A 30 ans, touché par la tuberculose, il restera un an en sanatorium. En 1964, il devient aumônier du M.R.J.C. de l’Aveyron.

En Septembre 1969, il part en Uruguay (Diocèse de Salto) comme prêtre Fidei donum, avec un contrat de l’Evêque de Salto. (Fidei Donum est une encyclique du pape Pie XII promulguée le 21 Avril 1957, afin de rechercher la coopération des évêques diocésains afin d’envoyer des prêtres, diacres, laïcs, en terres de mission)

3 ans plus tard, le 17 aout 1972, il est arrêté et mis en prison pendant 17 mois pour avoir défendu les petits paysans.

En 1974, il sera libéré et expulsé vers la France.

En 1975 il arrive à Berre l’Etang et travaille chez plusieurs exploitants comme salarié agricole. En 1984 à la création du service de remplacement il y est embauché et il y restera jusqu’à sa retraite.

Devant les sollicitations de salariés agricoles, il les accompagne dans la défense de leurs droits. Il adhère au syndicat CFDT. Il sera très actif dans la défense des droits des salariés agricoles, mais aussi dans les instances de dialogue professionnel.

Il est membre de l’ASAVPA (Association des Salariés de l’Agriculture pour la Vulgarisation du Progrès Agricole). Il participe activement à l’organisation de concours de taille de la vigne ou des oliviers, mais aussi d’autres rencontres ou voyages de découvertes.

Il est élu à la Mutualité Sociale Agricole comme administrateur.

Pendant tout ce temps il aide à la création de Transhumances (lieu d’Eglise en rural). Il y restera actif jusqu’à la fin.

Il vient loger au presbytère de Mallemort avec le père Anselme Burle, curé de la paroisse.

Quelques temps après le décès brutal du père Anselme en 1990, il devient indésirable pour le nouveau curé.

De là, il déménage au presbytère du Paradou, jusqu’en 2018 date à laquelle il rentre au foyer pour personnes âgées à Fontvieille ou il décède le 14 décembre 2020.

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 Témoignages de sa famille et Homélie.

"Ton énergie, ton enthousiasme, ta joie de vivre et surtout ton engagement total dans les décisions prises nous fascinaient ! Tu ne faisais pas les choses à moitié, il fallait aller jusqu’au bout !

 Te voir en soutane sur ton vélo fût une révélation.

 Plus tard, pendant la guerre d’Algérie tu as fait ton boulot d’aumônier des troupes, ce qui certainement t’a demandé du courage. Et puis, tu nous as parlé de l’Uruguay. Tu as méthodiquement préparé ta mission là-bas auprès des paysans « campesinos » qui étaient exploités comme des esclaves, ce qui, pour toi, était insupportable. Tu as voulu apporter ton savoir-faire pour améliorer leur sort. Hélas, le gouvernement militaire n’a pas apprécié ton interférence. Ils t’ont rangé du côté des terroristes « Tupamaros » et tu t’es retrouvé dans la « Prison de Libertad » avec des milliers d’autres prisonniers politiques, torturé comme eux. 17 mois horribles aussi bien pour toi que pour nous, mais toi, typiquement, tu as réussi à transformer cette expérience en une opportunité pour développer la vrai solidarité et l’amitié. Tu as écrit que la célébration de Noel en prison avait été exceptionnelle ! Avec tes « compañeros » de cellule, vous aviez écrit aux évêques uruguayens :« …L’église s’est engagée à ne pas abandonner ceux qui se mettraient dans des situations extrêmes à cause de leur engagement. Nous autres, compterons-nous toujours ? Serons-nous tolérés ou abandonnés ? Serons-nous considérés comme des membres actifs qui ont quelque chose à dire ? Ceux qui luttent et cherchent un évangile compréhensible seront-ils entendus ?...»

Ces compagnons de cellule tu ne les as jamais oubliés !

Et puis, comme un paquet dangereux, on t’a renvoyé en France, démuni, physiquement et moralement fragilisé. Au bout d’un an, une fois remis sur pied, tu étais prêt à l’action !

En véritable prêtre ouvrier tu as alors choisi de partager la vie dure des travailleurs horticulteurs, dans les serres de Provence. Tu y as découvert des problèmes sociaux que tu as essayé de résoudre sans relâche. Malheureusement un accident de santé est venu mettre un frein à tes activités et cela a était très dur car pour toi la pire des choses était de ne plus pouvoir aider les autres. C’est à cela que tu as consacré ta vie et c’est pour cela que nous ne cesserons de t’admirer et te remercier. Que notre vie soit aussi belle, aussi engagée et généreuse que la tienne !"

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 "Ce matin du 14 Décembre 2020, tu nous as quittés par surprise en toute discrétion comme tu as conduit ta vie.

Tu disais toujours la vie n’est qu’un passage, il ne faut pas la gaspiller donc se rendre utile aux autres ; concrétiser les idées que tu avais élaborées. Voilà ta devise.

Tout cela avec un grand cœur ouvert, la gentillesse en prime et un brin de folie !! [...]

De tes occupations professionnelles nous savions assez peu de choses. L’armée, la guerre d’Algérie où tu étais aumônier militaire ; une expérience difficile où tu as pu poser un regard affuté sur la complexité des relations humaines.

Ta première expérience de vicaire instituteur à Broquies, d’où tu nous revenais avec la 4CV de ta collègue et qui nous a permis de nous offrir quelques petites balades. Puis il a fallu voir autre chose. Le monde rural était en pleine évolution, l’envie d’y participer te démangeait…

Par le biais du M.R.J.C (Mouvement Rural de la Jeunesse Catholique), d’abord en qualité d’animateur puis responsable diocésain tu as travaillé avec les agriculteurs, les organisations professionnelles…c’était l’époque de l’entraide, des coopératives, mais ta fonction de prêtre était toujours présente. C’est ainsi que s’est concrétisé ton orientation vers la fonction de prêtre ouvrier : porter de l’humain, du questionnement, de la justice dans le monde du travail.

 Tu postules à l’usine Michelin à Clermont Ferrand et l’examen médical avant l’embauche met en lumière une contamination à la tuberculose. Retour en arrière pour se soigner d’abord à Rodez puis au sanatorium d’Osseja dans les Pyrénées orientales où tu rejoins notre sœur Marie-Thérèse, elle aussi malade.

Ce repos forcé n’empêche pas ton goût de l’aventure.

La frontière Espagnole toute proche, son peuple et sa langue t’ont ouvert d’autres perspectives : pourquoi pas l’Amérique Latine ? Tu te formes, tu lis et tu arrives à convaincre le diocèse de Rodez de te détacher en Uruguay pour travailler avec les paysans sans terre « los campesinos », comme tu disais.

Internet nous ne connaissions pas, alors nous attendions quelques lettres où tu nous disais ta passion pour ce vaste pays en révolution où l’on chassait les paysans de leurs terres : bien sûr tu participais à leur lutte et cet engagement t’a conduit en prison où « tu as joué ta peau » comme tu le dis dans le livre que tu as écrit après la sortie de cet enfer.

Indésirable en Amérique latine, toujours intéressé par ces combats pour les minorités, tu vas rejoindre les Bouches du Rhône pour travailler dans les serres et en même temps protéger les plus faibles : les salariés agricoles, en majorité des émigrés.

Tes amis connaissent mieux que nous ton parcours comme tes engagements. De solides et belles amitiés se sont nouées."

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 Homélie :  https://ahp.li/be163513881e111c0101.pdf

 

Le Paradou, 19 décembre 2020.

Chacun brille d’une lumière

personnelle parmi toutes les autres.

Aucune flamme n’est pareille.

Il y a de grandes flammes

et des flammes minuscules,

des flammes de toutes les couleurs.

Des gens brillent d’une flamme tranquille

qui ne sent même pas le vent

et d’autres d’une flamme folle

qui remplit l’air d’étincelles.

Certaines flammes, flammes de rien,

n’éclairent pas, ne brûlent pas,

mais d’autres brûlent la vie avec tant d’ardeur

qu’on ne peut les regarder sans cligner des yeux.

Celui qui s’approche s’enflamme.

 

Eduardo Galeano, écrivain uruguayen,

In « El libro de los abrazos », (Traduit de l’espagnol par Louis Rouve)

 

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Prière universelle du 19 décembre 2020

Louis, Tu as choisi d'être salarié agricole, pas pour un métier, mais pour vivre ton ministère de prêtre... tu t'es fait proche des salariés immigrés de l'agriculture de ce département. Pendant près de 50 ans tu les as côtoyés, vécu avec eux dans leur richesse mais aussi dans les conditions particulièrement difficiles de leur vie : éloignés de leur pays, séparés de leur famille, illettrés souvent, méconnaissant la langue, les lois, conditionnés par leur contrat de travail précaire à renouveler chaque année ...

Tu n'as cessé de t'élever et de lutter contre les injustices faites en leur encontre par des employeurs peu scrupuleux profitant de leur vulnérabilité en ne respectant pas la loi, pas plus que la convention collective pourtant signée par les représentants des employeurs et ceux des salariés.

Pourquoi trouvons-nous si peu d'autres moyens pour développer l'agriculture, et être compétitifs, que l'exploitation des travailleurs pour produire la tomate, la salade, la pomme que nous consommons ? 

 

Seigneur notre Dieu, toi qui en ton temps t'es fait Homme par ton fils Jésus Christ, donne - nous la force du discernement et la volonté pour dénoncer et nous élever contre toutes formes d'injustices.

 

Louis a voulu vivre en vérité.

Lorsqu’il s’engageait en parole, il faisait tout pour mettre sa parole en acte. Pour nous, Louis a été un exemple de vie en vérité, continuons son œuvre.

Seigneur, en ce moment où la pandémie risque bien de nous isoler, aide-nous pour que nos vies soient un témoignage de notre Foi en un monde plus fraternel pour tous.

Seigneur, aide-nous à faire vivre l'Espérance en un monde meilleur comme

Louis, aumônier du C.M.R.*, l'a fait en mettant en œuvre le "VOIR, le JUGER et l'AGIR" :

VOIR avec une écoute permanente.

JUGER avec clairvoyance.

AGIR conformément à la justice.

SEIGNEUR, fais-nous partager sa foi et prolonger son œuvre.

 

Ni l'âge, ni la maladie n'avaient altéré chez Louis son désir, sa capacité à lier des liens vrais avec ceux qui l'entouraient, ceux qu'il rencontrait. Nous sommes nombreux ici à en être les témoins. A Fontvieille, sa dernière étape, il avait encore le souci des personnes isolées dont la vie était rendue plus difficile par les circonstances présentes.

Prions pour conserver après lui et avec lui cet esprit de vigilance fraternelle.

 

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 Témoignage du C.M.R.

Louis, tu le sais, la vie est un voyage, et il y a deux façons de le réaliser :

 -Il est possible de s’installer confortablement, de rechercher le profit sans se soucier comment va le monde.

 -La deuxième est celle que tu as choisie.

 Tu ne t’es pas installé confortablement. Tu as pris un strapontin tout au bord, pour êtreplus vite debout, pour aller !

 Mais aller où ?

 -Vers les autres, ceux qui attendent qu’on les regarde sans préjugé,

ceux qui attendent qu’on les écoute,

ceux qui ont besoin de se sentir aimés comme ils sont.

Tu es un semeur d’amour et celles et ceux que tu as rencontrés, récoltent le bon grain que tu as mis en eux.

Sans être de grands musiciens, nous, les membres de l’équipe régionale nous te disons « merci » en continuant de jouer la belle partition que tu nous as laissée. Quand Dieu t’a appelé, tu as si vite quitté ton strapontin pour être dans la plénitude de son amour, que tu n’as pas eu le temps de nous dire « au revoir ». Alors, nous te disons « Adieu ! »

Oui, Louis, comme souvent, tu nous précèdes sur le chemin qui conduit vers Celui qui t’a donné l’amour, et cet amour, tu as su le partager avec tous tes frères.

 Le Paradou, 19 Décembre 2020.

 Les représentants de la région CMR du grand Sud-Est.

 

 Lettre adressée à Monseigneur Jean Ménard, Evêque de Rodez. 

[...] Louis s’occupait, à part du labeur d’Evangélisation, de promotion humaine : coopérative, syndicat, etc... au niveau de la population rurale et cela seulement est suffisant, maintenant, pour être suspect. [...] Le 17 Août Louis a été arrêté [...]

Louis est une victime de plus de cette lutte entre l’Eglise qui conscientise et les puissants qui sont gênés par cette Eglise qui ne se tait pas et essaie d’aider à créer un monde plus juste. C’est pour quelque chose que l’Eglise, en Amérique Latine, a opté pour les pauvres et les sans voix.

Nous mettons toute cette souffrance, la nôtre et la vôtre, entre les mains du Seigneur sachant qu’elle est rédemptrice.

Je vous prie d’avertir les parents de Louis et de leur assurer que nous faisons et ferons tout le possible pour Louis.

Rassurez les au niveau de sa santé.

En union de prière.

Monseigneur Marcelo Mendiharat

Evêque de Salto, Uruguay

le 8 septembre 1972.

 

Sœur Agnès Guimard

Sœur Agnès Guimard 

Agnès est décédée aujourd’hui en début d'après-midi. Elle est partie très discrètement comme elle a vécu.

Depuis un an, sa santé s’est dégradée rapidement. Elle avait 87 ans.  Elle a passé 23 ans à Saint Rémy de Provence où elle est venue après sa carrière d'enseignante .   Antoinette l’a rejoint ensuite et elles ont été en communauté ensemble pendant 17ans.

Agnès a été très attentive aux personnes en difficulté sur Saint Rémy, elle portait toutes ces personnes dans son cœur et sa prière. Elle a aussi beaucoup accompagné les enfants au catéchisme. Elle aimait cela.

En équipe FEDEAR, avec les autres religieuses et religieux elle préparait volontiers le temps de prière. Ce temps était toujours simple, invitant à une relecture de ce qui avait été vécu, en lien avec tel ou tel événement traversé avec des personnes rencontrées dans les jours précédant. D’ailleurs elle avait comme préoccupation de trouver de petits textes de prière et de les mettre à l’entrée de l’église de Saint Rémy afin que les personnes qui le souhaitaient puissent  s’en inspirer s’ils le souhaitaient, et se ressourcer.

Agnès n’a pas fait de bruit, elle a été très présente à la vie, aux personnes, et particulièrement aux personnes les plus fragiles.  Surement, aujourd’hui elle doit vivre ce que nous explique l’Evangile de Matthieu que nous avons lu dimanche dernier : « j’avais faim, … j’avais soif, … j’étais seul, … ». Par cette fraternité, elle est déjà de ceux qui ont contribué à préparer et rendre présent le Royaume de Dieu, et elle continue d’y être accueillie par le Père.

L’inhumation aura lieu samedi   à 10h30 à la Maison-Mère à St-Gildas. 

Vous imaginez bien que Sœur Antoinette qui a vécu 17 ans avec elle à Saint Rémy est très peinée. Elle a été la visiter régulièrement, même ces derniers jours. Elle donnait des nouvelles des uns et des autres, lui rappelait les noms et les événements vécus à Saint Rémy et aux alentours. Ceci éveillait Agnès.

Nous pensons aussi à elle.

Fraternellement

Jean-Yves, 26 novembre 2020.

 

 

 

 

 

 

Agnès (suite)

Bien reçu le message. Pour Sœur Agnès, cette rose d'automne. Mireille

 

Merci de nous permettre de partager ce souvenir précieux d'Agnès. Je me souviens bien de son caractère discret ; il est bon de penser que l'on peut porter de la lumière comme elle l'a vécu sans pour autant faire beaucoup de bruit. Je reste en union de pensée et de prière.Amitié Monique

 

Un grand merci à Jean -Yves pour le faire part du rappel de Sr Agnès , Jean -Yves a su en quelques lignes redire ce qu'on peut retenir de son long passage à St Rémy. Union de prières, Sr Alice

Jeanine Blandeau, Soeur du Prado

Elle a été à Villars-les-Dombes et responsable des Jeunes Professes en 1973 - dont j'étais - et en communauté avec elle. Puis je suis partie à Laragne. 

Et je ne sais plus trop son itinéraire, sinon qu'elle a été à l'équipe nationale de l'ACE quelques années.... et que nous nous sommes suivies dans les rencontres des sœurs du Prado en milieu rural... 

Elle a été responsable des soeurs aînées, rue P. Chevrier à Lyon en 2005 à peu près... et là on lui a décelé une maladie rare au rein.  

Puis elle a été à Mâcon avant d'entrer aux Buers, EHPAD où 20 soeurs du Prado sont en soins.Voilà ce que je sais de mémoire... car je n'ai pas de documents avec moi. C'est la 8ème sœur depuis janvier qui décède.

Merci de prier avec nous pour elle et sa famille.

Marie-Thérèse Daubord.

 

Commentaires  : 

"Merci de ce partage. Même si je ne la connaissais pas, cette"mémoire" de son existence  est un geste qui me touche. Mireille"

 

"Oui gratitude inconditionnelle pour sa présence et celle de ses soeurs. Que de belles années. Les photos font plaisir. Amitié à Marie Thérèse qui continue de faire lien. Unis...Monique"

 

 

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Commentaires

14.06 | 07:34

Bonjour à tous. Les commentaires de ce Blog sont limités à 160 caractères. Pour donner votre avis plus longuement, envoyez un mail à : transhumances13@gmail.com

...
13.06 | 07:16

mmo po

...
06.04 | 12:01

Merci

...
14.01 | 15:14

Oui, Marie-Thérèse, ii y en aura.
Bonne journée

...
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