D'accord, pas d'accord, dites-le nous !

Eloge de l’incertitude, prière pour nos tâtonnements.

Eloge de l’incertitude, prière pour nos tâtonnements,

 

La certitude nous plonge dans l’illusion que nous possédons la vérité et que nous devons la défendre ou l’asséner en dégainant à tout propos l’arme du « point final ». Elle paralyse tout désir de suivre la trace d’une vérité qui fleurit dans des contrées encore inexplorées et donc inattendues.

 Finis les échanges, les partages, la certitude ne partage pas, elle s’impose ! 

 

Alors que :

L’incertitude, elle, aiguillonne la curiosité à la recherche de toute trace de vie, de tout rayon de lumière, de toute parole vive. L’écoute est sa nourriture.

Au point final elle préfère le point d’interrogation ou de suspension, comme un appel à poursuivre, à toujours garder une porte entre ouverte, à attendre la fin de la moisson.

 

La certitude, elle, ferme les portes à double tour. Elle nous emprisonne derrière les barreaux de nos idées fixes.

 

L’incertitude scrute l’horizon pour y découvrir au matin une lueur nouvelle ou dans la nuit une étoile qui fait signe de reprendre notre marche à la découverte de terres inconnues, d’un univers nouveau, d’un après-confinement.

 L’incertitude ne craint ni les longs voyages, ni les chemins broussailleux. Elle sait (c’est d’ailleurs sa seule certitude) que sous chaque pas jaillira un éclat de vérité, mais que c’est en chemin, dans la Jérusalem nouvelle que brillera la vérité toute entière.

 

Par contre :

La certitude nous tient à la surface de nous-mêmes et des autres, là où tout est clair, explicable, raisonnable, repu, sans désir, complet, parfait peut-être. 

 

Alors que :

L’incertitude nous fait goûter le bonheur de descendre loin en soi où il nous arrive de croiser l’inconnu que nous sommes à nous-mêmes et d’embrasser les humains dans leur insondable mystère.

 

La certitude élève des murs pour se protéger de toute idée nouvelle, de tout vent contraire qui risquerait de déraciner sa prétention de tout savoir et d’avoir toujours raison.

 

L’incertitude, elle, fabrique des ponts, elle confie ses questions à la tempête déchaînée comme à la brise légère pour qu’au loin ou tout près, ses graines germent en fleurs de vérité.

 

La certitude rend sourd à toute parole qui dérangerait son bel ordre intérieur, sourd à toute épidémie bouleversante, à toute souffrance.

 

 

 

 

L’incertitude, elle, tend l’oreille à tout murmure encore imprécis, mais prometteur.

     C’est parce qu’il y a désordre dans son sac de « légos » que l’enfant crée de nouveaux arrangements.

     C’est parce que le malade a perdu sa belle assurance de bien-portant que l’incertitude lui ouvre un chemin de guérison.

     C’est parce que le silence de Dieu nous déconcerte que nous cherchons les lieux où sa parole pourrait nous surprendre aujourd’hui.

 

 L’incertitude n’est pas envahissante. Elle prend discrètement la route pour aller vers la vérité qu’on ne découvre qu’en la cherchant. Elle est déjà une victoire sur l’inexorable, une lueur d’espoir, la possibilité du neuf, la fin de l’ancien monde !

 

La certitude donne l’illusion de posséder la vérité, de la connaître sur le bout des doigts et de l’expliquer sur le modèle des questions-réponses des anciens catéchismes. Elle sait à l’avance où est l’ivraie et où est la bonne semence. Elle expulse tout inconnu hors de ses frontières.

Elle est l’ennemie de la foi qui renonce à la preuve et préfère fréquenter les paraboles, les rêves mystérieux des poètes et l’abandon de l’enfant.

Or il suffit d’une seule certitude, celle d’être aimé, pour qu’on puisse vivre sereinement dans l’incertitude et s’émerveiller de la part de vérité cachée en tout et qui n’attend que de se révéler.

 

Alors que l’incertitude ne domine pas. Elle est l’espace et le temps d’un manque, ou d’un désir. Elle est là où le questionnement, la quête, la recherche, peuvent prendre corps. Elle est le terreau de la fécondité, elle est ouverture, mise en questionnement, en doute, en écoute. C’est penser l’impossible. Se laisser surprendre par l’inattendu

Et oser espérer un autre monde.

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Seigneur, les événements nous laissent dans la tourmente
Surtout quand la peur habite nos vies, que le virus est là…
Ces temps où nous nous sentons fragiles, où un doute nous vient…
Nous nous en remettons à toi, notre Dieu, Dans ces moments difficiles
Tu portes avec nous nos inquiétudes
Parce que notre vécu ne te laisse pas indifférent
Tu ne nous abandonnes pas, mais nous voudrions déjà avoir trié l’ivraie du bon grain
Peu importe ce que l’on vit, Nous te demandons de renouveler nos forces
Et de vivre une nouvelle espérance
Par le Christ qui marche avec nous sur nos chemins de vie

« Mais bien sûr il n’y a pas de chemin,

Le chemin se fait en marchant ensemble comme à Emmaüs,

Le chemin, c’est la trace de nos pas quand nous nous retournons… »
Oui, par le Christ et par moi, un printemps nouveau viendra faire renaître les fleurs
Seigneur, laisse-moi mon incomplétude, mes tâtonnements

 

Continue à me surprendre par ton inattendu
Mais comble mon ami et mes frères et Fais de moi un instrument de ta paix,

Après, c’est maintenant.

Jean-Marie Carlier

10 octobre 2020

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Commentaires

14.06 | 07:34

Bonjour à tous. Les commentaires de ce Blog sont limités à 160 caractères. Pour donner votre avis plus longuement, envoyez un mail à : transhumances13@gmail.com

...
13.06 | 07:16

mmo po

...
06.04 | 12:01

Merci

...
14.01 | 15:14

Oui, Marie-Thérèse, ii y en aura.
Bonne journée

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