D'accord, pas d'accord, dites-le nous !

La Reine et le Pape (Mgr Noyer)

 

TC n° 3497 17 juin 2012
 

Par Jacques Noyer

À Londres, à Milan ou ailleurs, les foules vont revenir au réel après ces rêves d’éternité : la crise financière, le réchauffement climatique, ou les églises qui se vident… Ce n’est la faute ni de la Reine ni du Pape. Mais pensent-ils l’une et l’autre qu’il leur suffit de durer ?
 
 
Élisabeth II, du haut de ses soixante ans de règne et de sa barge royale, regarde passer les vaisseaux de l’Histoire. Son peuple l’acclame. On oublie un instant les malheurs des uns et les jalousies des autres.

On ne lui reproche aucun des moments de ces temps difficiles.
Elle n’a pas prise sur les événements. On la félicite pour le temps qu’elle a duré. Pour l’unité qu’elle a su garder. Un sourire de mère qui console de vieillir et rassure.

À chacun de ses déplacements, comme à Milan il y a deux semaines, le pape est lui aussi acclamé par d’immenses foules, heureuses de leur unanimité. Il arbore un sourire serein qui semble ignorer les souffrances du moment. Les cris de foi surgissent d’un peuple qu’on croyait sans idéal. Le pape s’efforce d’oublier les sombres péripéties qui secouent son autorité.

Entend-il sous les vivats les plaintes de ceux que le présent fait souffrir ?
Il ne le fait pas paraître. Il atteste l’Éternel. Il étouffe aussi bien les angoisses de ceux qui ont peur de demain que les espérances de ceux qui voudraient le changement. Il est le Père qui sait mieux que nous, ce dont nous avons besoin. Depuis longtemps la barque de saint Pierre, comme la barge royale de Londres, est à quai et s’imagine hors du temps.

Mais à Londres, à Milan ou ailleurs, les foules vont revenir au réel après ces rêves d’éternité : la crise financière, le réchauffement climatique, ou les églises qui se vident… Ce n’est la faute ni de la Reine ni du Pape. Mais pensent-ils l’une et l’autre qu’il leur suffit de durer ? qu’il suffit de maintenir la tradition pour oublier que le monde change ?

La Reine assurément n’ignore pas que tout passe, même elle, même la monarchie. Elle est toujours le « pape » de l’Église anglicane mais elle a renoncé, là aussi, à intervenir dans les querelles qui s’y rencontrent. Elle joue le jeu de la démocratie, l’alternance des partis, les débats où elle s’interdit d’intervenir, de répondre aux urgences du temps. De cette manière elle peut maintenir le trône au-dessus des vagues de l’histoire.

Le pape peut-il se contenter de sauver son trône ? Évidemment non. L’Esprit de Dieu sur lequel il s’appuie ne lui demande pas de sauver l’Église mais de sauver le Monde. Lorsque le tangage et le roulis lui rappellent que tout est fragile et que le statut du Vatican est évidemment provisoire, ce n’est pas dans les bureaux de la curie qu’il doit se réfugier. Il faut risquer une parole neuve à une humanité découragée. Et le Concile a indiqué la voie : c’est dans le dialogue avec tous, dans la rencontre avec les questions de ce temps, la fraternité avec tous, que l’Évangile se fera entendre.

Et tant pis si le Vatican perd de son prestige,
si les cardinaux doivent renoncer à leur soutane rouge, si la curie doit avouer son incapacité à dire l’Évangile, si les statistiques se perdent dans la réalité complexe des consciences…

Nous avons besoin d’un Père qui fasse confiance à ses enfants et non d’un patriarche qui leur impose le silence. J’imagine que Benoît XVI le sait bien. Mais tout professeur a peur de perdre le contrôle de sa classe. Les professeurs de notre génération sont tous d’infatigables bavards qui ont besoin du silence de leur auditoire pour s’imaginer qu’ils enseignent.

 

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Commentaires

17.09 | 09:10

la réponse m'arrive aujourd'hui… Je connais toutes ces filles… et son garçon. Je ne savais pas laquelle était malade… merci. Je pense qu'elle est en bonne voie

...
17.09 | 08:56

Caroline.

...
13.07 | 10:38

quelle est le prénom de la fille de Monique ?e lire les dernières nouvelles ! garder le moral, c'est la moitié de la guérison. facile à dire pas à faire

...
18.06 | 13:58

Merci, Marie-Thérèse.
Compte-rendu de l' A.G. prochainement ici.

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