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Liturgie : où sont les femmes ?

Par Laurence Desjoyaux. 

Liturgie : où sont les femmes ? 
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Les femmes sont-elles moins présentes dans le chœur des églises ? Pour mesurer l’ampleur de ce « mouvement d’exclusion », le Comité de la jupe a mis en ligne une carte interactive pour dresser un état des lieux.
 
 

« Dans ma paroisse, lors du lavement des pieds du Jeudi saint, douze personnes de 7 à 77 ans réputées représenter l’assemblée ont été appelées, se souvient Christine Pedotti, l’un des membres fondateurs du Comité de la Jupe (1). Pas une seule femme… »  

Pour elle, l’anecdote est révélatrice. « Il y a un mouvement en cours qui repousse physiquement les femmes loin des autels, souligne-t-elle. Chez certains prêtres, on trouve une exaltation du sacré qui passe par leur exclusion. »

Pour mesurer le phénomène, le Comité a lancé il y a quelques jours une carte sur son site internet permettant à chacun de rapporter sa réalité paroissiale. Sur celle-ci, une maison verte signifie que les femmes ne sont exclues d’aucune des fonctions liturgiques ouvertes aux laïcs, un masque de théâtre jaune que les filles sont « servantes d’assemblée » plutôt que « servants d’autel ». Les flammes rouges symbolisent le dernier niveau d’exclusion : les femmes ne sont jamais appelées à assurer les lectures ou distribuer la communion.

ÉGALES DIGNITÉ ET ACTIVITÉ

« Ce problème de liturgie est symptomatique, insiste Christine Pedotti. Dans la foi catholique, nous célébrons ce que nous croyons. Or là, on donne à voir une inégalité manifeste. Cela blesse les femmes, cela blesse le corps de l’Église. » Et ce n’est pas uniquement une affaire de femmes. « Quand je ne vois que des hommes dans le chœur, je suis mal à l’aise, témoigne Gonzague Jobbé-Duval, membre du conseil d’administration du Comité. Je sens comme une agression. En fait, je ne peux pas confesser ma foi en un Jésus qui sacraliserait la place supérieure de l’homme. »

Il va plus loin dans l’interprétation de cette exclusion : « J’y vois une mise en scène de la hiérarchie des sexes, les hommes étant au centre et dans le chœur surélevé, les femmes restant dans l’assemblée, dénonce-t-il. De fait, quand on me parle de complémentarité dans l’Égli­se, j’entends hiérarchie. Les hommes ne sont exclus d’aucune fonction liturgique. »

Au-delà de ce malaise, le Comité pointe une pratique qui va, selon lui, à l’encontre du droit canonique. « Le Canon 208 est clair : les fidèles du Christ jouissent d’une égale dignité et activité. La règle générale c’est donc l’égalité, souligne M. Job­bé-Duval. Ensuite, existent des fonctions spécifiques, comme celle du prêtre. Mais exclure les femmes de fonctions exercées par des fidèles hommes est une atteinte au principe d’égale di­gnité. »

JUGEMENT PRUDENTIEL  

Néanmoins, « le premier responsable de la liturgie est le curé », rappelle le P. Dominique Rodde, chancelier du diocèse d’Évry. L’instruction romaineRedemptionis Sacramentum (2004) énonce que « les filles ou les femmes peuvent être ad­mises au service de l’autel, au jugement de l’évêque diocésain »

Sur cette question, il n’existe pas de directive précise émise par la Conférence des évêques de France. « On peut donc retenir qu’il revient à cha­que évêque d’émettre un jugement prudentiel sur ce qu’il convient de faire pour la vie liturgi­que dans son diocèse, note le P. Rodde. La décision d’un évêque ne peut obliger un autre évêque, comme la manière de faire d’un curé ne peut en contraindre un autre. »

Pour le Comité de la jupe, la carte, en plus de rendre visible les pratiques diverses, doit être l’occasion d’engager le dialogue entre prêtres et fidèles sur la question de la place des femmes dans la liturgie. « Concernant la distribution de la communion et les lectures, si la discussion est infructueuse, nous aiderons les fidèles à demander la médiation des autorités ecclésiales », prévoit Gonzague Jobbé-Duval. L’outil devrait aussi permettre de suivre les évolutions des paroisses, dans un sens ou dans l’autre. Sur les 150 répertoriées sur la carte (au 30 mars), une centaine ne poseraient aucun problème selon les critères du Comité, et quatre excluraient totalement les femmes de la liturgie du chœur.

(1) Le Comité de la jupe est une association qui veut promouvoir une libre prise de parole et une juste place des femmes dans l’Église catholique.

 


Afficher Carte des paroisses catholiques selon la participation liturgique des femmes sur une carte plus grande

 in TC

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Commentaires

19.04 | 09:47

Bonne idée, Monique. On va tâcher de le faire vite ! Martine

...
08.04 | 23:36

Très très esthétique et attirant.
Que le créateur puisse y ajouter quelques vues sur la journée de février, Pâques à Orgon serait un summum...

...
08.04 | 23:29

oh trop chouette zozios.
Merci pour la qualité de la page d'accueil
je crois que la transhumance sur Orgon va nous ressourcer

...
01.01 | 11:33

2016 La pastorale en rural tient tant au coeur du diocèse que Transhumances se voit contraint de "transhumer" en mendiant un toit de paroisse en paroisse.Merci.

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