D'accord, pas d'accord, dites-le nous !

La grande obéissance de la foi

Par Jacques Noyer, in Témoignage chrétien

Trop souvent l’acte de foi est évoqué à travers un abaissement : accepter de ne pas comprendre, de ne pas juger, accepter la supériorité de Dieu ou l’autorité de l’Église.
  
Trop souvent l’acte de foi est évoqué à travers un abaissement : accepter de ne pas comprendre, de ne pas juger, accepter la supériorité de Dieu ou l’autorité de l’Église. L’obéissance de la foi serait un renoncement. Nos contemporains refusent le plus souvent cette attitude de moutons suiveurs, même si, dans d’autres domaines, le suivisme leur pose moins de problèmes…

La Bible nous parle d’un Dieu qui se nomme « Je suis, J’existe ». Au chapitre 8 de Jean, Jésus nous dit : « Croyez que Je suis. » Le suivre, ce n’est pas fermer les yeux. Le suivre, c’est s’éveiller à sa parole, c’est sortir du tombeau, c’est décider, c’est assumer nos responsabilités, c’est dire à notre tour : « Je suis. »

La tradition spirituelle a souvent développé cet « éveil » à travers des mots brefs : le Fiat de Marie, l’Amen des sacrements, l’adsum de l’ordination, le Oui du Christ, toutes ces réponses qui nous mettent debout. On y a vu parfois de la résignation. C’est au contraire une mobilisation de notre être. « Je suis là ! J’assume la mission ! On peut compter sur moi. » Comme pour l’adolescent blotti dans sa couette, il faut une voix, une lumière, un appel, pour que nous sortions de notre somnolence. Pour exister, pour vivre, nous avons besoin d’une urgence, d’une tâche qu’on ne peut laisser aux autres.
Certes, ce cri de foi toujours personnel peut en rejoindre d’autres dans un « nous existons ». L’Église, c’est le « nous sommes là » qui réunit les croyants. Mais l’histoire a montré la dérive possible d’une Église où quelques-uns décident du croire des autres. L’obéissance devient une vertu passive, un refus d’être, un souci de ne pas se faire remarquer. Nous ne pouvons pas croire que ce soit à cette obéissance-là que Benoît XVI a appelé les prêtres « désobéissants » d’Autriche et d’ailleurs. Si l’Église n’accueille plus les indignations, les urgences, les inventions que ses membres font entendre comme des cris de foi, elle n’est plus qu’une institution morte.

Les apôtres ont compris la Résurrection comme un appel à prolonger la présence de Jésus, à se mobiliser pour son projet, à inventer les actions nécessaires pour annoncer l’Évangile. L’Église a eu longtemps des audaces pour lesquelles elle n’a pas demandé de permission à Jésus. Pourquoi devrait-elle se figer aujourd’hui ?
Comme tout groupe humain, l’Église a besoin d’une discipline pour éviter la prise de pouvoir par quelques-uns, pour organiser la diversité de ces cris, pour assurer la communion dans le même Évangile. Mais ce n’est pas là que se situe la Grande Obéissance de la Foi. Dire « Oui » à ce Père qui nous autorise à être à son image, suivre le Fils en assumant avec lui la responsabilité du Royau­me, partager l’Esprit qui donne à tous le droit d’être et la liberté d’inventer l’avenir des hommes, voilà la Grande Obéissance.
Puisse le Notre Père résonner com­me une généreuse réponse à celui qui nous a faits fils héritiers : son Nom est notre Nom, son Royaume est notre Royaume, ses objectifs sont nos objectifs. Oui, Père, nous som­mes tes hommes ! 

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Commentaires

17.09 | 09:10

la réponse m'arrive aujourd'hui… Je connais toutes ces filles… et son garçon. Je ne savais pas laquelle était malade… merci. Je pense qu'elle est en bonne voie

...
17.09 | 08:56

Caroline.

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13.07 | 10:38

quelle est le prénom de la fille de Monique ?e lire les dernières nouvelles ! garder le moral, c'est la moitié de la guérison. facile à dire pas à faire

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18.06 | 13:58

Merci, Marie-Thérèse.
Compte-rendu de l' A.G. prochainement ici.

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