D'accord, pas d'accord, dites-le nous !

Ne sois pas loin, dans le passé ou dans l’avenir,
Sois aujourd‘hui !
Ne regarde pas ailleurs,
Regarde ce qui est à ta portée !
Ne va pas autre part,
Va là où tu dois aller !
Ne dis pas autre chose,
Dis ce que tu es appelé à exprimer !
Ne pense pas le vide,
Pense ce qu’il t’est donné de comprendre !
Ne fais pas n’importe quoi,
Œuvre pour le bien !
Ne sois pas un autre,
Sois toi-même !
N’aime pas n’importe comment,
Aime comme Dieu aime !

Franz Lichtle

Dominique Potier, agriculteur et député de Meurthe-et-Moselle, intervenant à l'assemblée d'automne des évêques de France.

 

« Les évêques sont porteurs de deux boussoles pour la révolution agricole et alimentaire : le partage, avec l’encyclique Fratelli tutti, et la prise de conscience que «tout est lié », avec l’encyclique Laudato si’.

La mise en œuvre de ces deux boussoles doit rappeler qu’il n’y a pas de santé pour l’homme sans santé pour le monde animal, qu’il n’y a pas de santé pour le monde animal sans santé pour le monde végétal et qu’il n’y a pas de santé pour le monde végétal sans santé pour le sol. Ce qui se joue autour des questions alimentaires et paysannes est donc une parabole des mutations auxquelles notre monde est appelé.

Eloge de l’incertitude, prière pour nos tâtonnements,

 

La certitude nous plonge dans l’illusion que nous possédons la vérité et que nous devons la défendre ou l’asséner en dégainant à tout propos l’arme du « point final ». Elle paralyse tout désir de suivre la trace d’une vérité qui fleurit dans des contrées encore inexplorées et donc inattendues.

 Finis les échanges, les partages, la certitude ne partage pas, elle s’impose ! 

 

Alors que :

L’incertitude, elle, aiguillonne la curiosité à la recherche de toute trace de vie, de tout rayon de lumière, de toute parole vive. L’écoute est sa nourriture.

Au point final elle préfère le point d’interrogation ou de suspension, comme un appel à poursuivre, à toujours garder une porte entre ouverte, à attendre la fin de la moisson.

 

La certitude, elle, ferme les portes à double tour. Elle nous emprisonne derrière les barreaux de nos idées fixes.

 

L’incertitude scrute l’horizon pour y découvrir au matin une lueur nouvelle ou dans la nuit une étoile qui fait signe de reprendre notre marche à la découverte de terres inconnues, d’un univers nouveau, d’un après-confinement.

 L’incertitude ne craint ni les longs voyages, ni les chemins broussailleux. Elle sait (c’est d’ailleurs sa seule certitude) que sous chaque pas jaillira un éclat de vérité, mais que c’est en chemin, dans la Jérusalem nouvelle que brillera la vérité toute entière.

 

Par contre :

La certitude nous tient à la surface de nous-mêmes et des autres, là où tout est clair, explicable, raisonnable, repu, sans désir, complet, parfait peut-être. 

 

Alors que :

L’incertitude nous fait goûter le bonheur de descendre loin en soi où il nous arrive de croiser l’inconnu que nous sommes à nous-mêmes et d’embrasser les humains dans leur insondable mystère.

 

La certitude élève des murs pour se protéger de toute idée nouvelle, de tout vent contraire qui risquerait de déraciner sa prétention de tout savoir et d’avoir toujours raison.

 

L’incertitude, elle, fabrique des ponts, elle confie ses questions à la tempête déchaînée comme à la brise légère pour qu’au loin ou tout près, ses graines germent en fleurs de vérité.

 

La certitude rend sourd à toute parole qui dérangerait son bel ordre intérieur, sourd à toute épidémie bouleversante, à toute souffrance.

 

 

 

 

L’incertitude, elle, tend l’oreille à tout murmure encore imprécis, mais prometteur.

     C’est parce qu’il y a désordre dans son sac de « légos » que l’enfant crée de nouveaux arrangements.

     C’est parce que le malade a perdu sa belle assurance de bien-portant que l’incertitude lui ouvre un chemin de guérison.

     C’est parce que le silence de Dieu nous déconcerte que nous cherchons les lieux où sa parole pourrait nous surprendre aujourd’hui.

 

 L’incertitude n’est pas envahissante. Elle prend discrètement la route pour aller vers la vérité qu’on ne découvre qu’en la cherchant. Elle est déjà une victoire sur l’inexorable, une lueur d’espoir, la possibilité du neuf, la fin de l’ancien monde !

 

La certitude donne l’illusion de posséder la vérité, de la connaître sur le bout des doigts et de l’expliquer sur le modèle des questions-réponses des anciens catéchismes. Elle sait à l’avance où est l’ivraie et où est la bonne semence. Elle expulse tout inconnu hors de ses frontières.

Elle est l’ennemie de la foi qui renonce à la preuve et préfère fréquenter les paraboles, les rêves mystérieux des poètes et l’abandon de l’enfant.

Or il suffit d’une seule certitude, celle d’être aimé, pour qu’on puisse vivre sereinement dans l’incertitude et s’émerveiller de la part de vérité cachée en tout et qui n’attend que de se révéler.

 

Alors que l’incertitude ne domine pas. Elle est l’espace et le temps d’un manque, ou d’un désir. Elle est là où le questionnement, la quête, la recherche, peuvent prendre corps. Elle est le terreau de la fécondité, elle est ouverture, mise en questionnement, en doute, en écoute. C’est penser l’impossible. Se laisser surprendre par l’inattendu

Et oser espérer un autre monde.

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Seigneur, les événements nous laissent dans la tourmente
Surtout quand la peur habite nos vies, que le virus est là…
Ces temps où nous nous sentons fragiles, où un doute nous vient…
Nous nous en remettons à toi, notre Dieu, Dans ces moments difficiles
Tu portes avec nous nos inquiétudes
Parce que notre vécu ne te laisse pas indifférent
Tu ne nous abandonnes pas, mais nous voudrions déjà avoir trié l’ivraie du bon grain
Peu importe ce que l’on vit, Nous te demandons de renouveler nos forces
Et de vivre une nouvelle espérance
Par le Christ qui marche avec nous sur nos chemins de vie

« Mais bien sûr il n’y a pas de chemin,

Le chemin se fait en marchant ensemble comme à Emmaüs,

Le chemin, c’est la trace de nos pas quand nous nous retournons… »
Oui, par le Christ et par moi, un printemps nouveau viendra faire renaître les fleurs
Seigneur, laisse-moi mon incomplétude, mes tâtonnements

 

Continue à me surprendre par ton inattendu
Mais comble mon ami et mes frères et Fais de moi un instrument de ta paix,

Après, c’est maintenant.

Jean-Marie Carlier

10 octobre 2020

Réaction de Marie-Thérèse Daubord.

Je viens de lire ces 11 pages magnifiques.

Les sœurs du Prado en début de retraite spirituelle ont fait un peu le bilan de ce qu'elles ont vécu. Plusieurs ont été malades, même très malades, frôlant la mort de près. Nous sommes presque toutes dans les personnes à risque "plus de 70 ans"...

Le plus dur ça été les funérailles d'une sœur, Janine Genest, décédée en EHPAD pendant la sieste. Quatre sœurs au funérarium et six au cimetière. C'est la seule qui est décédée en plein confinement.

Quand enfin il y a eu l'autorisation de rencontrer les sœurs, à distance, avec masque... ça a été l'horreur. Elles ne reconnaissaient pas la personne qui leur parlait. Elles ne comprenaient pas ce qu'on leur disait. Il fallait crier. Et Annick qui a vécu cela et qui est au C.A. a plaidé pour qu'on trouve une autre solution.

Quand Marie-Thérèse Olmos est décédée fin juin, les funérailles ont pu avoir lieu dans la chapelle des Buers...et c'était la deuxième messe qu'il y a eu dans la chapelle depuis le confinement. Sa famille a pu être là et les sœurs résidentes étaient heureuses de voir des sœurs de l'extérieur... ça faisait si longtemps qu'on ne s'était pas vues !...

Je crois que pour moi, c'est ça qui a été le plus dur.

 Et les messes... sur écran !

La paroisse de Sainte-Foy a pu nous mettre des célébrations de la semaine sainte sur "youtube". Heureuse de voir des laïcs connus de la communauté chrétienne s'exprimer ainsi que nos prêtres. Si on était technologiquement équipé, on pouvait vivre quelque chose en union avec la communauté locale. C'était déjà ça. Nous avons attendu prudemment l'autorisation pour retourner à l'église - distancées et masquées - pour finir l'année.

 

Pendant toute cette période, il y a eu beaucoup de funérailles - plus que d'habitude - et directement au cimetière mais avec la présence de nos prêtres qui étaient plus jeunes que nous (l'équipe funérailles a plutôt des retraités comme membres !). Et beaucoup de contact par téléphone ou mail.

 

Ste Foy est dans un environnement de parcs... et les marchés ont vite repris sous la pression des consommateurs-citoyens qui ne comprenaient pas qu'on privilégie les grandes surfaces ... fermées et à allées étroites, alors que les marchés sont en plein-air !... Le marché à ouvert avant ceux de Lyon.

 

On ne peut pas être croyant tout seul !... La communauté ecclésiale a son importance. L'expression du groupe, de baptisés... est importante.

Les personnes malades, en EHPAD... n'ont pas eu la visite de l'aumônerie. Une personne m'a dit : "Nous sommes de vrais païens"... (ce qui n'est pas vrai parce qu'elle vit l 'amour du prochain au quotidien... et que je sais qu'elle prie le Seigneur). Mais il lui manque ce lien... avec la communauté des croyants.

Merci encore pour toute cette réflexion

Marie-Thérèse Daubord

 

Commentaires

14.06 | 07:34

Bonjour à tous. Les commentaires de ce Blog sont limités à 160 caractères. Pour donner votre avis plus longuement, envoyez un mail à : transhumances13@gmail.com

...
13.06 | 07:16

mmo po

...
06.04 | 12:01

Merci

...
14.01 | 15:14

Oui, Marie-Thérèse, ii y en aura.
Bonne journée

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