D'accord, pas d'accord, dites-le nous !

Réaction de Marie-Thérèse Daubord.

Je viens de lire ces 11 pages magnifiques.

Les sœurs du Prado en début de retraite spirituelle ont fait un peu le bilan de ce qu'elles ont vécu. Plusieurs ont été malades, même très malades, frôlant la mort de près. Nous sommes presque toutes dans les personnes à risque "plus de 70 ans"...

Le plus dur ça été les funérailles d'une sœur, Janine Genest, décédée en EHPAD pendant la sieste. Quatre sœurs au funérarium et six au cimetière. C'est la seule qui est décédée en plein confinement.

Quand enfin il y a eu l'autorisation de rencontrer les sœurs, à distance, avec masque... ça a été l'horreur. Elles ne reconnaissaient pas la personne qui leur parlait. Elles ne comprenaient pas ce qu'on leur disait. Il fallait crier. Et Annick qui a vécu cela et qui est au C.A. a plaidé pour qu'on trouve une autre solution.

Quand Marie-Thérèse Olmos est décédée fin juin, les funérailles ont pu avoir lieu dans la chapelle des Buers...et c'était la deuxième messe qu'il y a eu dans la chapelle depuis le confinement. Sa famille a pu être là et les sœurs résidentes étaient heureuses de voir des sœurs de l'extérieur... ça faisait si longtemps qu'on ne s'était pas vues !...

Je crois que pour moi, c'est ça qui a été le plus dur.

 Et les messes... sur écran !

La paroisse de Sainte-Foy a pu nous mettre des célébrations de la semaine sainte sur "youtube". Heureuse de voir des laïcs connus de la communauté chrétienne s'exprimer ainsi que nos prêtres. Si on était technologiquement équipé, on pouvait vivre quelque chose en union avec la communauté locale. C'était déjà ça. Nous avons attendu prudemment l'autorisation pour retourner à l'église - distancées et masquées - pour finir l'année.

 

Pendant toute cette période, il y a eu beaucoup de funérailles - plus que d'habitude - et directement au cimetière mais avec la présence de nos prêtres qui étaient plus jeunes que nous (l'équipe funérailles a plutôt des retraités comme membres !). Et beaucoup de contact par téléphone ou mail.

 

Ste Foy est dans un environnement de parcs... et les marchés ont vite repris sous la pression des consommateurs-citoyens qui ne comprenaient pas qu'on privilégie les grandes surfaces ... fermées et à allées étroites, alors que les marchés sont en plein-air !... Le marché à ouvert avant ceux de Lyon.

 

On ne peut pas être croyant tout seul !... La communauté ecclésiale a son importance. L'expression du groupe, de baptisés... est importante.

Les personnes malades, en EHPAD... n'ont pas eu la visite de l'aumônerie. Une personne m'a dit : "Nous sommes de vrais païens"... (ce qui n'est pas vrai parce qu'elle vit l 'amour du prochain au quotidien... et que je sais qu'elle prie le Seigneur). Mais il lui manque ce lien... avec la communauté des croyants.

Merci encore pour toute cette réflexion

Marie-Thérèse Daubord

 

Bel interview de Jean-louis Schlegel par François Vercelletto dans Ouest-France Dimanche du 21 juin à propos du livre de Loïc de Kérimel "En finir avec le cléricalisme". Voici, avec le livre de Christine Pedotti et  d'Anthony Favier consacré à Jean-Paul II "L'ombre du saint", deux ouvrages essentiels pour comprendre les liens entre cléricalisme et crise actuelle de l'institution catholique.

 Transmis par Madeleine Magnan
 
 
« Ces abus de pouvoir qui gangrènent l’Eglise »
Jean-louis Schlegel, sociologue des religions a préfacé le livre de Loïc de Kerimel - En finir avec le cléricalisme (Seuil) - qui fait une lecture radicale de l’histoire de l’institution catholique pour en extirper les maux qui la rongent. 
 
Entretien
 
Qui était Loïc de Kerimel ?
 
Loïc, Vendéen d’origine, est entré chez les jésuites en 1967. Enfant du concile Vatican II et de Mai-68, il en est parti dans les années 1970. Après avoir passé l’agrégation de philo, il est devenu professeur au Mans. Toute sa vie, il a milité pour une Église plus proche de l’Évangile, plus pauvre et moins cléricale. Il est mort, le 24 mars, des suites d’un cancer.
 
Comment définir le cléricalisme ?
 
Il y a le vieux et célèbre sens donné à ce mot par Léon Gambetta en 1877 : c’est la prétention de l’Église à se mêler de la vie publique et politique, à réclamer des droits et des privilèges, à en empêcher d’autres.
 
Il a pris un autre sens pour le pape…
 
François, lui, dénonce « l’autoréférence » – un mot moins compliqué qu’il n’y paraît – : c’est une Église qui ne parle qu’en se référant à elle-même, à ses droits, à sa morale, à ses principes. Une Église qui n’entend pas les voix et les cris du dehors. Une Église confinée sur elle-même. On pourrait dire aussi : le cléricalisme, c’est défendre l’Église… même quand on sait qu’elle est dans son tort. C’est de ce cléricalisme-là dont il est question dans le livre de Loïc de Kerimel.
 
À l’origine du cléricalisme, le sacré qui instaure une séparation…
 
Cet ouvrage le démontre avec une grande rigueur. À partir du IIIe siècle, l’Église remet au centre de son système la distinction entre un domaine du sacré et un domaine profane. Ce système est hiérarchique et inégalitaire : le pouvoir est sacralisé. Le prêtre, qui est consacré pour le sacerdoce, est la figure centrale de cette sacralisation et, d’une certaine façon, son célibat devient aussi le symbole le plus éclatant de sa mise à part.
 
Les lieux de culte évoluent en conséquence…
 
Les églises de pierre aussi deviennent, peu à peu, des espaces sacrés plantés dans l’espace profane. Dans l’église, les laïcs, chrétiens de rang inférieur, sont dans la nef, séparés du chœur où évoluent les clercs. Dans le chœur, l’autel et ce qui est placé dessus au moment de la liturgie est plus sacré que le reste ; et enfin la messe, dont le premier nom était la « fraction du pain », devient un sacrifice.
 
Le prêtre en tire alors son pouvoir…
 
Oui, de fait, c’est devenu un pouvoir « sacral », car il lui a été transmis par l’ordination « sacerdotale ». Loin de moi de dire que tout est uniquement destiné à asseoir du pouvoir. Mais le fait est qu’on est très loin de ce qui s’est passé le Jeudi saint, la veille de la crucifixion de Jésus.
 
Faut-il remettre en cause le lien entre le sacrifice du Christ et l’eucharistie ?
 
Pas en soi ou a priori : on peut sans doute en donner des justifications, théologiques et autres. C’est un aspect possible d’un « mystère » très riche en significations. Mais il est loin d’être le seul, et il est le plus fragile aujourd’hui. Mais depuis Vatican II, les catholiques intégristes et traditionalistes en ont fait une question politique, un critère de la vérité et de l’hérésie.
 
Le modèle actuel n’est pas celui de l’Église primitive…
 
En effet. Malgré les écarts de Jésus par rapport à des choses sacrées pour les juifs (par exemple, son non-respect du sabbat…), l’Église a commencé à s’affirmer au IIIe siècle et, par une pente fatale, elle a repris de plus en plus d’éléments « sacrés » tirés du judaïsme de l’Ancien Testament (en particulier le système sacerdotal).
 
Autrement dit, un modèle hiérarchique que Jésus a précisément combattu…
 
Oui, c’est un grand paradoxe. Jésus ne met pas du tout en avant les prêtres et les lévites – les membres de la tribu de Lévi, chargés du service du Temple – dans les Évangiles, peu importants pour lui. Mais je crois que la liberté de Jésus par rapport aux autorités « sacrales » est difficile à vivre. Elle n’est pas « naturelle », dans les religions comme ailleurs. Il est plus normal de chercher constamment des séparations, des choses et de personnes à « adorer ». Et tous les pouvoirs « adorent se faire adorer ».
 
D’où une relation juifs/chrétiens à repenser.
 
Oui, mais il faut ajouter que le judaïsme a, quant à lui, quitté le système sacerdotal et lévitique après la destruction du second Temple. Le judaïsme dit « rabbinique », celui d’aujourd’hui, n’a plus ni prêtres ni lévites. Pour sortir du cléricalisme, Loïc de Kérimel suggère que le judaïsme actuel soit pleinement intégré dans le dialogue œcuménique, et qu’un sens positif soit donné au « non » des juifs à Jésus. Ce « non » qui a servi à justifier tant de persécutions, puis l’innommable au XXe siècle. Ce serait évidemment un geste révolutionnaire !
 
Le monopole sacerdotal et masculin explique-t-il les différentes formes d’abus (de pouvoir, spirituel ou sexuel) ?
 
Sans doute en partie. Je pense qu’il y a aussi d’autres raisons, théologiques, spirituelles, et des évolutions sociétales que l’Église n’a pas vu venir ou n’a pas comprises. Le problème du sacré sacerdotal, c’est le risque de créer une société fermée, sur ses mots, ses rites, ses fautes et ses occultations.
 
L’Église est dans un réflexe d’autodéfense qui l’a amenée à couvrir les pires turpitudes et les crimes commis en son sein.
 
Peut-on imaginer une Église sans prêtres ?
 
Il y a l’exemple des Églises protestantes (luthérienne et calviniste), avec des hommes et des femmes pasteurs, mariés, etc. Sans être protestant, on pourrait imaginer que les dirigeants des communautés soient des personnes mariées, que les ordinations, d’hommes et de femmes, ne le soient pas « pour l’éternité ».
 
Tout ce qui devenu naturel dans le protestantisme est une « montagne insurmontable » pour les catholiques. Mais, pour autant cela ne supprime nullement le problème du pouvoir. Et apparemment, ces Églises au plus près de la liberté des modernes engendrent apparemment leur « autre » : les évangéliques, parfois très problématique, menaçant, comme aux États-Unis et au Brésil aujourd’hui… où le lien avec le pouvoir politique n’est pas « clérical », mais peut-être encore pire.
 
Propos recueillis par François VERCELLETTO.
 
(1) En finir avec le cléricalisme, Loïc de Kerimel (Seuil).

 

 
 
 
Merci pour ce partage d’info.
sur une situation très proche de celle de ma region des Pouilles en Italie, 
Region des tomates  et des immigrant qui viennent d’Afrique.
Ils  sont  traités comme des esclaves. La retribution c’est 0,10 cent d’euro par caisse de tomate récoltée !
Giuseppe
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Bonjour à tous ;

J'attendais un peu la position de Transhumances après avoir pris connaissance de la situation des travailleurs saisonniers à Maillane il y a plusieurs jours ; je vous remercie de rendre accessible ces informations ; bien que je sois bien mobilisée à cause du contexte pour mes dernières semaines d'activité professionnelle, je reste attentive et vous dis mon soutien, notamment à Jean Yves qui est toujours sur le front ; et ceux qui l'entourent. Je viens d'avoir Louis au téléphone ; ça fait du bien d'entendre un frère prêtre -Être- dans le réel...

Manifestation contre l'esclavage aux EU, à Paris...  après l'assassinat de Georges Floyd... et tout près  ?... est-ce que les articles dans les journaux seront les plus lus ...

Merci à vous... et à bientôt j'espère Monique

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Merci beaucoup de ces informations. J'espère que le procès pourra se faire. C'est déjà bien que la presse locale dénonce ces conditions de travail. Nous n'avons pas fini de nous battre pour des conditions de travail justes, des rémunérations justes et le prix juste pour les consommateurs.
Les fraises du marché de ste Foy-lès-Lyon proviennent du village de Thurins. Je suppose que c'est vrai. Je ne suis pas allée vérifier sur place…. par temps de confinement ils ont trouvé de la main d'oeuvre locale sans doute… et souvent familiale.
bises
 Marie-Thérèse
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Entendu en fin de confinement.

 

Deux producteurs de cultures maraichères et arboriculture ayant perdu leur personnel saisonnier durant les 3 mois de confinement (en particulier au moment de la récolte des fraises) ont embauché de jeunes hommes français pour y pallier, avec un salaire supérieur à celui des travailleurs étrangers habitués de l'entreprise.

L'un de ces nouveaux employés a déclaré forfait au bout de quelques jours, trouvant le travail trop pénible et est parti en tentant de dérober du matériel.

Les autres, qui s'étaient mis au travail avec efficacité, ont été surpris une nuit dans les serres. Durant la journée ils préparaient quelques caisses de fraises qu'ils venaient chercher de nuit pour les revendre à leur compte !

Moralité : l'an prochain ces deux producteurs disent qu'ils augmenteront très sensiblement les salaires de leurs saisonniers qui travaillent si bien !

Martine

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Merci de faire parvenir de telles horreurs en France , de quoi se révolter ....Je suis très triste pour ses travailleurs  esclaves sur notre sol français
Louis Rouve m'a mis un peu au courant ce après-midi par téléphone. Mais lisant le tout  sur internet j'en suis, je vous assure, bouleversée.
Bon courage à ceux qui luttent pour un monde humain
Bien avec vous par la pensée.
Pour ma part  je vis un passage ... nous fermons notre maison ici en août donc re-changement  pour le Gers (100km d'ici).
                                                                                              Alice

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A quelque chose malheur est bon...

 

Ce tire peut vous paraitre paradoxal, mais je m'explique:

Cela doit faire 10 ans que JY nous a détaillé les conditions de travail de ces esclaves des temps modernes vivant sous nos yeux d'aveugles.

Dans mon milieu professionnel (de haut niveau technologique) Il m'est arrivé d'en parler à des collègues à plusieurs reprises, et la plupart du temps j'étais considéré comme un affabulateur, au mieux comme exagérant  franchement. Personne ne voulait croire cela…

Avant-hier j'ai eu de nouveau l'occasion d'aborder ce sujet, partant des cas de COVID apparus dans la région: Pour la 1ère fois, j'ai eu des interlocuteurs acceptant d'entendre ce que je leur disais.

Il faut une menace comme le COVID pour faire ouvrir les yeux…

 

Vincent

 

 

Vis le jour d’aujourd’hui, Dieu te le donne, il est à toi.

Vis le en Lui.

 

Le jour de demain est à Dieu Il ne t’appartient pas.

Ne porte pas sur demain le souci d’aujourd’hui.

Demain est à Dieu, remets le lui.

 

Le moment présent est une frêle passerelle.

Si tu le charges des regrets d’hier, de l’inquiétude de demain, la passerelle cède et tu perds pied.

 

Le passé ? Dieu le pardonne. L’avenir ? Dieu le donne.

Vis le jour d’aujourd’hui en communion avec Lui.

Et s'il y a lieu de t'inquiéter pour un être aimé,

regarde-le dans la lumière du Christ ressuscité.

 

Sœur Odette Prévost petite sœur de Charles de Foucault

assassinée en Algérie le 10 novembre 1995

 

Je crois en Dieu,

Je crois en l’Homme,

Je crois en Dieu qui donne la vie, qui aime chaque personne, qui espère en l’Homme,

Je crois en l’Homme, fragile, capable d’aimer, capable de donner la vie,

Je crois que Jésus le Christ, Dieu parmi les hommes et les femmes est venu nous confirmer la présence de l’Esprit Saint au cœur de l’Homme,

Je crois que l’Esprit Saint est à l’œuvre au cœur de tout homme, de toute femme de bonne volonté,

Je crois que la vraie puissance de Dieu c’est l’Amour, Dieu est Amour,

Je crois que l’homme et la femme sont invités à recevoir et à vivre la toute puissance de l’Amour,

Je crois que l’homme et la femme sont invités à se convertir à la toute puissance de l’Amour,

Je crois que la Parole, le dialogue, ouvrent à une co-naissance,

Je crois que la con-fiance, la foi en l’autre, permet d’ouvrir des chemins, d’envisager un avenir,

Je crois que l’espérance permet de mettre en œuvre la vie, les dons qui nous sont confiés et de se tenir debout, aujourd’hui, au pied de la croix des hommes et des femmes, au pied de la croix de Dieu,

Je crois que l’homme et la femme se réalisent en constituant un peuple,

Je crois en l’Eglise au service de la Parole, Bonne Nouvelle pour tout homme, toute femme,

Je crois en l’Eglise au service des hommes et des femmes, humaine et fragile,

Je crois que l’Eglise est appelée à célébrer le sacrement de l’Amour reçu et offert, le sacrement du don offert :

« … alliance nouvelle et éternelle offert pour vous et pour la multitude … »,

Je crois que l’unité nait de l’expression des différences, de la mise en valeur des dons différents confiés par Dieu à chacun,

Je crois que la communion est appelée à naitre lorsque nous sommes au service de la justice et de la paix.

Je crois en la beauté.

Commentaires

14.06 | 07:34

Bonjour à tous. Les commentaires de ce Blog sont limités à 160 caractères. Pour donner votre avis plus longuement, envoyez un mail à : transhumances13@gmail.com

...
13.06 | 07:16

mmo po

...
06.04 | 12:01

Merci

...
14.01 | 15:14

Oui, Marie-Thérèse, ii y en aura.
Bonne journée

...