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Les évêques de France bouleversés et résolus ; le 08/11/...

L’aveu du cardinal Jean-Pierre Ricard reconnaissant avoir agressé une adolescente il y a trente-cinq ans a bouleversé les évêques réunis en assemblée à Lourdes. Frappés par l’affaire Santier, ils ont pris des mesures pour améliorer le suivi des affaires concernant les prêtres et évêques mis en cause. 

 « Notre génération a reçu la croix de vivre ce temps », constatait Mgr Éric de Moulins-Beaufort dans son discours de clôture de l’Assemblée plénière. Réunis à Lourdes depuis le jeudi 3 novembre, les évêques avaient pour projet de travailler à la réforme structurelle de la Conférence des évêques de France (CEF). La révélation de la condamnation de l’un des leurs, Mgr Michel Santier, pour « abus spirituels à des fins sexuelles », sanction restée longtemps secrète, est venue bouleverser le programme.

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Honte et colère

« Nous nous réunissons avec des sentiments mêlés de colère, de honte, d’impuissance, d’incompréhension, avec peut-être de la méfiance entre nous, et en sentant la colère, la honte, le découragement, la lassitude des fidèles », reconnaissait le président de la CEF en ouverture de la session. Sans imaginer un seul instant qu’une autre affaire allait surgir au cœur même de la semaine de travail.

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Dans un message envoyé dans la soirée du samedi 5 novembre, le cardinal Jean-Pierre Ricard avouait avoir eu « des gestes répréhensibles » à l’égard d’une adolescente de 14 ans, alors qu’il était prêtre à Marseille, il y a trente-cinq ans. Un courrier que Mgr de Moulins-Beaufort communiquait à l’Assemblée des évêques dimanche 6 novembre, avant de le révéler à la presse le lendemain. Il saisissait ce nouveau scandale pour mener une « opération vérité » : ainsi, huit évêques ont été mis en cause ces dernières années dans des affaires d’agression sexuelle et trois pour non-dénonciation d’abus sexuels.

Décompte

Si cinq des évêques mis en cause pour agressions sont identifiés, les trois autres ne sont connus que de quelques-uns. Et les évêques n’ont pas été informés davantage, le président de la CEF appelant au respect du secret de l’instruction. Ayant consacré la majeure partie de leurs travaux à faire le point sur l’affaire Santier, puis à réagir à l’aveu du cardinal Ricard, les évêques s’inquiètent des autres affaires qui peuvent encore surgir. « C’est le supplice chinois. Goutte à goutte, on en apprend tous les mois… », soupire, désemparé, l’un d’entre eux. « Nous partons (de Lourdes) plus résolus que jamais », insistait Mgr de Moulins-Beaufort devant la presse.

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Depuis, les questions ne cessent de surgir. Dans une lettre adressée aux fidèles, les évêques se disent « bouleversés et résolus ». Pour lutter contre ces affaires, l’assemblée a principalement décidé de créer un « conseil de suivi », composé de professionnels du droit, de psychologues, de laïcs, pour accompagner les évêques qui auraient à dénoncer un confrère. Pour éviter ces dysfonctionnements caractérisés par les deux affaires évoquées, le conseil de suivi permettra à « tout archevêque ou évêque ayant à traiter du cas d’un autre évêque pour des abus ou agressions sexuelles d’être accompagné dans toutes les étapes de la procédure. Nous allons agir aussi auprès des dicastères romains concernés pour préciser les procédures, établir des critères plus précis quant à la publication des faits et des sanctions », développait Mgr de Moulins-Beaufort.

Peuple de Dieu

Il insistait d’ailleurs sur « la maturité » du peuple de Dieu en France qui ne tolère pas qu’un prêtre abuseur puisse célébrer l’Eucharistie : « Le peuple de Dieu est capable de supporter, si douloureux que ce soit, la découverte des fautes de ses pasteurs, et il lui est beaucoup plus violent d’être maintenu dans l’ignorance par un mensonge. »

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Un bureau de signalement – que le pape François exige dans chaque pays depuis son motu proprio Vos estis lux mundi (2019) – sera institué au niveau national. Le tribunal pénal ecclésiastique à compétence nationale, décidé après la publication du rapport Sauvé et dont les statuts ont été adoptés cette semaine, pourrait entrer en fonction en décembre, saisi pour les faits commis par des prêtres.

« Nous devons aussi être plus précis dans nos échanges avec le Saint-Siège », remarquait le président de la CEF, rappelant au passage qu’il n’avait pas lui-même d’autorité sur les évêques. Il a invité à un autre regard sur les évêques : « Il nous faut tous admettre que ni l’ordination ni les honneurs ne préservent de commettre des fautes dont certaines peuvent être graves même aux yeux de la justice de l’État, et que tout être humain peut être habité par des forces troubles qu’il ne parvient pas toujours à maîtriser. »

 

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Commentaires

08.10 | 13:43

Verhelst «  quand je suis faible je suis fort «  Debout dans l’épreuve

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08.10 | 13:41

Lire le témoignage très frappant et émouvant de Thierry Verhelst atteint de sla qui vit ce chemin de maladie et de dépendance comme un chemin de transcendance.

...
01.10 | 07:38

Le pire ,comme l'a dit Anne Sinclair à propos d'elle-même et de DSK ,c'est que ces affaires soient portées sur la place publique et hyper médiatisées

...
22.08 | 07:09

Merci pour ces messages de l'été. Ils me rejoignent en Corrèze où je suis venue visiter ma sœur aînée 90 ans, veuve récemment...Noël 2021.

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